lundi 30 mars 2009

Un oeil, ça ne t'a pas suffit ?

Décalqué, je suis décalqué, décalqué et paumé, un peu aigri et très amer. Je suis partagé entre ma tête et mon coeur, mais je laisse les couilles à Grand Corps Malade.

Mon corps est le barrage qui empêche à cette vague chaotique de tout submerger. Ma peau s'allonge, plie sous le poids des sentiments, mais tient bon. Ma coque est fatiguée mais me porte encore. Je flotte, je ne sombre pas, mais je dois dire que l'eau commence à monter dangereusement.

Je ne sais plus poser de nom sur ce que je ressens ; je ressens trop de choses que je n'explique pas, incohérentes, étranges, voire même paradoxales. La haine contre l'amour, mais quand l'amour se mêle à la haine, le sentiment qu'on appelle "jalousie" voit le jour sous des regards fiévreux et inquiets. J'ai trop souffert de la trahison pour endormir une nouvelle fois ce violet dévastateur sous ma carcasse. Je le crierai haut et fort, et moi aussi je défoncerai des portes et je m'arracherai le coeur s'il le faut.

Amer et aigri, amoureux étourdi, pauvre navire qui chavire sous vos yeux rouillés. Regardez-le s'enfoncer peu à peu dans l'eau, souriez à la vue de la teinte inquiétante que prend la lumière des compartiments inondés, ce feu vacillant qui vous parvient au travers de la vague et qui semble chuchoter que quelque part, sous l'eau, il trouvera un peu de réconfort. Oubliez le Di Caprio gelé qui glisse des bras de sa belle, je vous parle d'une tempête.

Je ne sais pas ce qui se trame en-dessous, mais je plongerai malgré ma peur des monstres gargantuesques qui s'y trouvent. J'irai voir, là-bas, si mon navire descend silencieusement jusqu'aux abysses, ou s'il est pris dans les courants dangereux qui se joueront de lui avant de le mener contre une barrière de coraux.

Et s'il se trouve dans cet océan des forces destructrices, je les dompterai. Qu'importe la taille, le nombre ; ces monstres tentaculaires seront broyés par tout ce qui sommeille en moi. Et si je te trouve, toi, avec ta jolie façade et tes airs de poète, toi, toi, ton lot de mensonges, ta gueule mouillée, toi le lâche et l'abject, l'Homme qui pue la bonté, je peux te jurer que je t'écraserai, je te détruirai de mes mains et je n'aurai aucun remords.

Qu'importe ce que me dit ma tête, cet océan est le mien et tu n'y plongeras pas.

mercredi 18 mars 2009

Au royaume de Dieu, les athées sont rois

Etre croyant a toujours été un problème personnel. Adorer Dieu jusqu'à l'extrême restera personnel. Etre prêt à mourir pour un symbole religieux est idiot, mais personnel.

Un pape qui annonce : "on ne peut vaincre le SIDA par la distribution de préservatifs, au contraire, il augmente le problème." c'est se foutre ouvertement de la gueule de 6 milliards (et des patates) de personnes.

On a toujours su qu'en plus d'être laids et grabataires, les papes continuaient à lire la Bible à l'envers. Le monde entier a toujours accepté leurs propos homophobes, discriminatoires et austères, en total désaccord avec une vision moderne de la société.

On acceptera toujours qu'il y ait des papes et des gens laids et grabataires, et on considérera toujours ces gars-là comme des symboles de paix et de respect. Putain, mais mon cul en a mal aux rectumatiques !

Excusez ma vulgarité passablement polie, mais, à défaut de croire en Dieu pour des raisons personnelles, je n'ai jamais prôné mon athéisme et ma haine des sectes abrutissantes et pourtant glorifiées. Je n'ai jamais fait sonner les cloches de mes temples invisibles tout au long de la journée, et je n'ai jamais laissé quelqu'un sur le côté à cause de ses convictions, de sa morale ou encore de son mode de vie.

Même en excluant la vague de pseudo-rebelle qui se disent non-croyants pour briller, nous sommes de plus en plus nombreux à jeter Dieu à la poubelle suite à des réflexions que j'oserai qualifier de "logiques".

Les athées ne demandent rien à personne : ils veulent vivre dans un pays laïque, sans être continuellement emmerdés par des questions de religion, et se kékéttent bien des opinions des croyants. Chacun chez soi, et les moutons seront mieux lobotomisés. Ahem, pardon.

Outre le caractère affligeant de ces propos vides d'intérêt que même le IIIème Reich aurait dénigrés, et qui mettent Benoît dans le caca religieux et politique, dénigrer le port de la capote pendant des rapports sexuels est une offense à tous les malades et enfants de malades qui ont pu choper cette crasse. C'est un peu comme dire à Baschung - paix à son âme, mais on s'en branle un peu - que fumer ne tuer pas ; comme dire aux tétraplégiques qu'il est de bon ton de se jeter sous une voiture, ou encore comme balancer aux anarcho-grévistes de Lille 3 qu'un cerveau ne sert à rien, hop, poubelle aussi.

C'est nier l'existence d'une maladie et les souffrances qu'elle implique, c'est faire un pied-de-nez aux médecins qui bossent sur la recherche contre le SIDA en disant : "na na nère, je vis dans un palace, j'ai même plus besoin de me laver la queue moi-même, et vous vous servez à rien-euh".

C'est une attitude puérile et désaxée, d'un âge ancien, c'est un négationnisme ecclésiastique qui commence franchement à me foutre en rogne.

Mais ça ne s'arrête même pas là. Le vieux croûton (pas d'autre terme sous la main, condamnez mon blog si ça vous chante) prône encore, en tant que réincarnation du messie, un "renouveau de la sexualité".

Mon cul est plié en quatre.

C'est vrai qu'il est facile pour un non-pratiquant du plaisir de parler de choses qu'il ne connaît pas. Ca c'est sûr, quand on fait jamais kékétte - ou alors avec des enfants - ; qu'on ne voit pas plus loin que le bout du Vatican - ou en carrosse de verre - ; qu'on porte tout le temps des robes qui ne se vendraient même pas en brocante - ou dans celles du Vatican, justement - il est facile de porter un regard OBJECTIF et GLOBAL sur le monde moderne.

M. le pape ne se rend probablement pas compte que la sexualité a toujours été (et sera toujours) un gros plaisir à deux, avant même d'être un moyen de reproduction. C'est le petit cadeau de Dame Nature aux Hommes, un moyen de dire "tuez-vous à la vie, mais voilà de quoi vous éclater le samedi soir". Bon, après, Dame Nature a aussi créé le houblon et la marijuana, mais ça c'est autre chose.

Le cul, c'est le cul, et parler d'un renouveau du cul, c'est comme espérer l'évolution de l'Homme : ça n'arrivera jamais, jamais, JAMAIS, JAMAIIIIS bordel de zut. A part chez les moutons.

Voilà, c'est tout ce que j'avais à crier sur la toile, un petit message non-médiatisé qui ne pourra sûrement pas contrer le tort des quelques phrases prononcées par un idiot vénéré devant des caméra, mais je m'en contenterai.

J'aime pas les soutanes, de toute façon.

PS : mea culpa, j'avais oublié le "s" de "rois" dans le titre ; je m'en remets à Dieu.

mardi 17 mars 2009

Récits et Nouvelles - partie 2

Et tous les jours, à chaque fois qu'il voyait son fils, celui-ci lui posait la même question :

"Dis, papa, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"

Rêve de gosse. Celui de s'éclipser de la banalité, d'un univers vide et déprimant, pour voler dans les nuages, embrasser l'infini et dire adieu à la réalité. Mais elle les rattrapait à chaque seconde, lorsqu'ils se retrouvaient à table devant des assiettes trop peu garnies, lorsqu'ils attendaient devant les resto du coeur à la fin du mois ; lorsque Daniel grimaçait devant les factures. Leur quotidien était devenu si banal que le week-end était devenu leur seul échappatoire.

Chaque samedi, ils prenaient le bus et se laissait porter, descendaient lorsque le paysage leur plaisait et marchaient, riaient, mettaient en scène des histoires improbables et niaises, de méchant roi et de gentil prince, de super-héros et de super-méchant. Le simple fait de rêver était pour eux un luxe. L'amour était leur drogue, et ils en abusaient autant qu'ils le pouvaient. Marc grandissait dans une inconscience heureuse, car son père faisait son possible pour qu'il ne regrette pas la télé, les jeux vidéo et les sorties improvisées. Il se contentait de ce qu'il avait et ne demandait jamais plus. Excepté un costume de Superman.

Un matin, alors que Daniel emmenait Marc à l'école, il comprit que son fils grandissait et ouvrait les yeux sur leur précarité.

"Un jour, je serai super fort, et je nous sauverai.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que Superman, il peut sauver tout le monde !"

Ce fut la dernière fois que Daniel entendit son fils. Il aurait dû venir le chercher à 16h20, à la sortie de l'école, comme tous les jours, s'il n'avait pas reçu un coup de fil de sa boîte d'interim qui lui proposait un entretien pour un poste de télé-enquêteur. S'il n'avait pas été en retard de 15 minutes, Marc ne se serait probablement pas fait renverser par une voiture.

Mais Daniel ne croyait pas au destin.

dimanche 15 mars 2009

Que je sais...

Je me suis longtemps demandé comment les gens percevaient ce que je créais, que ce soit sur le plan musical ou littéraire. Fallait-il soigner les mots, soigner le fond, illuminer le tout avec des photos originales ? Un style ironique donnerait-il une image positive de moi ? Etre sérieux pouvait vraiment payer ?

Au final, j'en ai pas grand chose à faire. Je me suis rendu compte qu'un simple agencement de mots compliqués avait tendance à charmer même les plus sceptiques. Par exemple :

"L'étendu du ciel que je sais me pousse vers de nouveaux horizons qui s'enchantent de mille feux lors du coucher du soleil sur la dune de la plage. Mes jambes mangent en silence, tandis qu'une ribambelle s'exécute et m'exhorte à envenimer les souhaits refoulés de mon coeur, que je sais."

Quel gros con j'ai été. J'aurai pu écrire des textes comme ça dès le début, au lieu de me casser la tête à chercher des mots dans le dictionnaire. J'aurai peut-être même pu publier un recueil de poésie, prétextant une écriture sous cannabis. Mais non, comme d'habitude, il a fallu que je fasse les choses dans les règles et que j'apprenne à écrire. Un minimum.

Louons ceux qui parlent comme je peins !

MAJ (18/03) : je tiendrai juste à préciser ce qui se cache réellement derrière ce texte. L'aspect ironique décryptant l'actualité facebookesque n'est pas là pour mettre en avant une quelconque marque de frustration ou de haine de ma part. Le passé est derrière, il est enterré et je lui souhaite de continuer sa route entre les vers de terre et les ossements moisis. J'ai passé un cap, et mon désir de vengeance s'est transformé en une indifférence qui en serait presque surprenante. Les quelques lecteurs qui me sont proches auront bien évidemment compris à qui - et à quelle partie de ma vie - ce texte réfère. Cependant, je ne tiens pas à le placer sous le signe de la haine ; je reste bien sûr frustré d'avoir été poignardé sur une place publique, je ne digère sûrement pas que le meurtrier soit applaudi, mais je n'agonise plus. La plaie ne se refermera jamais entièrement, et me laissera une cicatrice qui sera la marque de ma naïveté opposée à la faiblesse de certains. Je me suis relevé, j'ai essuyé la boue et le sang sur mes vêtements, et j'ai déménagé dans un endroit où le soleil brille sur des airs de Another Lonely Day - une musique de Harper dont le titre ne définit pas du tout mon état d'esprit actuel, précisons-le. Je ne regrette pas mes choix, je me marre juste doucement en traçant le parallèle entre ce que j'étais et ce que je suis en passe de devenir. L'appartement silencieux qui accueillait jusqu'ici la vie que je m'amusais à foutre en l'air se transforme peu à peu en un havre de paix ; j'ai tout lavé à l'eau claire, j'ai jeté les vieux souvenirs et les tableaux sur le mur pour en accrocher de plus beaux. Et les rayons du soleil embellissent chacun de mes réveils par leur intensité et leur sincère beauté. C'est vrai que je suis un peu ébloui pour le moment, et que j'ai du mal à croire qu'il puisse réellement y avoir de la lumière dans cette nouvelle ville. Mais il est également vrai que je reste fidèle à certains adages, tels que "l'ombre et la lumière sont préférables au néant" - le gras marque la citation. Et c'est justement la raison de cette paix intérieure qui m'anime : je suis heureux de comprendre réellement le sens de ces mots, contrairement à d'autres. A ceux-là, je souhaite tout le bonheur qu'ils pourront grapiller, je leur souhaite de grandir et de réfléchir à cette grande question : "celui qui poignarde est-il vraiment celui qui y gagne ?". Quant à moi, je vais me coucher serein sur un accord de La Majeur, parce que je l'aime bien, celui-là.

jeudi 12 mars 2009

Si j'étais poilu et masculin...

Je me marre.

Les média nous parlent de tolérance à longueur de journée ; n'importe qui croit connaître le sens de ce mot, se dit fermé à la discrimination et, au final, il en ressort une grosse dose d'hypocrisie épicée de sourires que même t'as envie de mettre des tartes au gens après.

Un exemple : être jeune, pour trouver du boulot, c'est pas très cool. Etre en plus étudiant, ça réduit le champ des possibilité. Alors, avoir en plus l'air d'un gosse imberbe de 17 ans, c'est le chômage assuré.

Quand on cherche du boulot, il faut savoir présenter ; ça, c'est que les gens disent. Il faut savoir se tenir, faire bonne impression et sucer des queues pour réussir. Il faut savoir se rabaisser, se rabaisser, se rabaisser et se baisser encore un peu pour attendrir, présenter un CV garni d'expériences atypiques et surtout, surtout avoir la gueule de l'emploi.

Elles me font bien marrer, les boîtes d'interim qui se prétendent ouvertes aux étudiants. A peine rentré, je sais déjà que tout est fini. Mais bon, je salue quand même le public féminin attardé qu'on appelle "attachée clientèle", j'attends qu'il comprenne les quelques mots un peu trop compliqué que j'ai utilisé et je finis par baisser les bras quand une mèche de ma touffe me retombe sur le coin de la gueule.

Alors oui, on me dira sûrement qu'il faut partir gagnant, mais je l'ai fait longtemps, et je ressortais à chaque fois déprimé. Alors oui, il faut insister, mais j'ai insisté longtemps et je finis par perdre patience. On entend dire que le physique ne compte plus pour trouver du boulot, que ce sont maintenant les noms étrangers qui sont préjudiciables... je me marre, et mon cul se marre aussi.

Je ne nie pas qu'il est normal de devoir choisir le meilleur ; je ne nie pas mes défauts de présentation. La huitième CSP me colle au cul comme un pot de colle. Difficile d'avoir un pot de colle collé au cul, d'ailleurs. Ca fait beaucoup de colle, tout ça, d'ailleurs. Et ça commence à faire beaucoup de "d'ailleurs" aussi.

M'enfin bon, je sais aussi qu'un coup de gueule sur ce plan-là sera jugé anodin et typique, parce qu'après tout des étudiants qui galèrent à trouver du boulot, y en a plein, et je suis sûrement pas le plus mal loti.

J'adresse juste ce message à toutes les petites secrétaires idiotes qui se permettent de me prendre de haut : si j'en ai un jour les moyens, je vous ferai virer, je vous ferai danser nu sur des places publiques, on vous fera apprendre plein de mots compliqués comme "anachorète" et je veillerai personnellement à ce que vous vous retrouviez de l'autre côté du bureau. Je serai en face, et je vous enverrai bouler parce que je préfère croiser un type aux cheveux longs plutôt qu'une pétasse manucurée. Mais ça, c'est mon avis de français tolérant.

En attendant, je passe chez le coiffeur et je contacte un chaman pour qu'il me fasse pousser un bouc.

Na.

lundi 16 février 2009

Récits et nouvelles - Partie 1

"Dis, papa, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"

Cette phrase, il l'avait entendu des centaines de fois.

"Pourquoi tu me demandes ça ?
- Ben, ça serait vachement marrant !"

Son fils avait 7 ans, travaillait mal à l'école et venait de rentrer dans la nouvelle vague d'enfants touchés par la mode des super-héros. Il avait toujours refusé de lui offrir un costume de Superman, alors Marc s'en était fabriqué un lui-même. Son masque de carton lui cachait le visage en permanence, et le drap qu'il portait sur le dos était grossièrement peint à la peinture, à tel point qu'à quelques endroits, le blanc original contrastait avec le rouge délavé.

"Et là, tu fais une addition ou une soustraction ?
- Euh...
- A ton avis, regarde, la croix ça veut dire quoi ?
- Euh..."

Marc était un enfant non désiré, dans le sens où il avait conçu involontairement. Daniel avait 20 ans à l'époque, son ex un peu plus. L'enfant était né, la mère s'était enfuie, le père tenait bon. Sa vie avait changé du tout au tout, mais la bouille de son gosse le ramenait à chaque fois vers la réalité. Pas très belle, la réalité.

Au chômage, touchant quelques allocations, Daniel ramait pour offrir à Marc une vie décente. Il ne voyait plus sa famille, ni ses amis. Tous l'avaient quitté les uns après les autres, silencieusement, sans explications. Certains s'étaient même permis de reprocher son égoïsme et sa lâcheté à celui qui donnait tout à un autre. Son père n'avait jamais compris la volonté de son fils de garder l'enfant ; sa mère suivait, mais lui envoyait quelques billets de temps en temps. Une dernière main tendue au milieu du vide.

Daniel se contentait de sa vie ; il ne pourrait jamais remercier Marc pour tout ce qu'il avait fait involontairement : arrêt de la cigarette, de l'alcool à foison, et des drogues toutes plus dures les unes que les autres. Même si plus aucun plaisir, plus aucun espoir de changement ne se profilait à l'horizon, Daniel avait un but : son fils.
Il était devenu un père célibataire typique, se levait, emmenait Marc à l'école à pieds, et rentrait chez lui. Leur seul luxe était un vieux PC qui ronflait comme un vieux chat enrhumé, permettant à Daniel de chercher du travail et de poursuivre son seul rêve : l'écriture.

Le jeune père avait commis l'erreur de quitter l'école à 16 ans ; il était sûr de ses capacités d'écrivain, et même ses professeurs l'avaient encouragé à suivre cette voie. Depuis, il n'avait rien publié. Des dizaines de manuscrits traînaient dans ses armoires, attendant d'être expédiés à un éditeur quelconque. Et Daniel attendait. Il ne regrettait pas son choix, parce qu'il savait que travailler comme quiconque l'aurait tué. Il préférait vivre dans des conditions précaires plutôt que de se tuer à la tâche. Quant à son fils, il semblait avoir hérité du même défaut. Ses notes étaient faibles, et il n'avait dû son passage en CE2 qu'à de bons résultats au dernier trimestre.

Chaque jour, Daniel s'installait sur le bureau usé de sa chambre et pianotait des heures entières sur le clavier de l'ordinateur. Il rêvait. De paysages aveuglants, de héros mélancoliques, de l'amour insaisissable et de la tristesse qui l'embrassait. Ces mondes étaient les siens et surtout les seules marques de ses capacités. S'il avait eu un peu de chance, il aurait pu naître dans une bonne famille, ou rencontrer un éditeur par le biais d'un oncle fortuné ; il savait qu'il avait les capacités d'écrire un best-seller, et même plusieurs, de devenir l'un de ces artistes "multi fonctions" ; qui écrivent, chantent, dansent, et travaillent sur des plateaux de télévision.

Mais Daniel ne croyait pas en la chance.

samedi 3 janvier 2009

Pendant que le monde bavarde à rien d'important

Oui, il avait ses torts, mais il les connaissait.

Le bus qui le ramenait de Belgique roulait bruyamment. Au dehors, quelques dizaines de lumières brillaient au milieu de la nuit, quelques lumières lointaines qui lui rappelaient qu'ailleurs, il y avait de la vie. Les passagers ne le fixaient pas, malgré son teint pâle et ses yeux mi-clos. Ils s'occupaient, comme à chaque trajet, de choses inutiles. Parler, rire, manger, lire un livre ou, comme lui, écouter de la musique. Son coeur battait bien trop fort. Il savait qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps, plus que quelques minutes avant l'arrivée en gare. Il savait qu'il ne reprendrait plus ce bus, et qu'il n'y aurait pas de retour. Il savait.

Malgré tout, il se surprenait encore à rêver d'une belle histoire d'amour, comme on en voit dans les films, comme on en entend dans les morceaux embellis de quelques artistes maudits, comme on en voit dans la magie des songes. Oui, il aurait aimé dormir sous les arbres le reste du temps.


Mieux que tous les palais de marbre, l'or des sultans.

Mais la vie le ramène là, dans ce bus macabre, comme l'ultime voyage d'âmes égarées.

Non, sa vie n'intéressait personne, et même lui oubliait qu'il était homme parmi les hommes. Non, il n'était pas beau, pas vraiment cultivé, et franchement pas sociable. Il était l'un des fantômes que l'on croise dans la rue, l'une de ces personnes sans distinction, un corps, une tête, et rien de plus.


Mais pendant que le monde bavarde à rien d'important, il aurait aimé dormir sous les arbres le reste du temps.

Il posa sa main à plat sur son coeur fatigué, l'écoutant battre à perdre haleine, comme s'il lui murmurait "tu es vivant, remue-toi, vite". Vouloir vivre est une chose ; survivre en est une autre. Lui, il survivait, au milieu des regards fugaces, lassé de toutes ces pensées malsaines qui voyageaient en permanence au-dessus de sa tête. Il aurait dû naître fort, arrogant, et sûr de lui, mais toutes les nuits il ne parvenait qu'à se blottir sur lui-même en se demandant s'il arriverait à décrocher un sourire à la journée qui l'attendait.


C'était un monde de pensées qui s'ouvrait à lui chaque matin, l'espoir intense de trouver une once de bonheur dans l'altérité. Mais personne ne le voyait, et personne ne semblait l'entendre. Chaque être humain, dans sa folie égoïste, ne cherchait qu'à lui soutirer quelque profit personnel.
Un peu d'argent, un peu d'amour, beaucoup de haine.

Le bus klaxonna ; il ouvrit les yeux. Son coeur glissa entre ses doigts, et, dans un dernier coup de grosse caisse, une décharge lui parcourut le torse, les bras, les jambes et le crâne. Sa tête claqua sur le carreau, ses bras retombèrent, ses yeux se refermèrent.


Derrière lui, deux jeunes rièrent, pensant qu'il pouvait sentir la douleur provoquée par le choc contre la vitre.


Devant lui, une jeune fille écoutait son baladeur en regardant le paysage. Elle aurait aimé s'asseoir sous les arbres le reste du temps.


Lorsque le bus arriva au terminus, le chauffeur découvrit stupéfait qu'un de ses passagers s'était vomi dessus. En essayant de le réveiller, il comprit qu'il était trop tard.


Nous naissons, vivons et disparaissons dans l'anonymat le plus total. Nos pensées échappent aux autres, et ces mêmes autres n'envisagent pas une vie altruiste.


Tous autant qu'ils sont.

samedi 13 décembre 2008

Réflexions hivernales

L'hiver, c'est toujours une saison étrange, un subtil mélange de mélancolie et de fin du monde. En partie parce qu'il fait noir tout le temps, c'est vrai. Mais, à l'inverse des mecs qui vous parleront de "chaude après-midi d'été" pour commencer une histoire, beaucoup d'autres évoqueront les "douces soirées d'hiver", ou les "matins frais d'automne".

Tout simplement parce l'été n'évoque rien de magique à proprement parler : on se rappelle tous de vacances avec les potes, de délires terre à terre, de soirées étoilées, d'un grand soleil qui éclaire tout, sans laisser une trace d'ombre.

L'hiver est plus mystique, plus étrange, porteur de contes, de légendes, à commencer par celle de Noël - seul moment de l'année où les rues sont décorées. L'aspect commercial, qui a pris le dessus sur les racines concon-chrétiennes de cette fête, plonge tout un chacun dans ce qu'on aime appeler "l'esprit de Noël".
La neige, qui se fait souvent désirer plus longtemps que le soleil d'été, est, quand elle arrive enfin, une source de joie pour les gamins et un moyen de gueuler encore une fois pour les travailleurs aigris. C'est un doute qui plane et qui donne à chaque jour froid une dimension palpitante : "neigera, neigera pas ?". Et quand il neige - fait rare dans le Nord - les rues deviennent un immense territoire de jeu ; les enfants arrivent à l'école blindés de neige, les plus vieux affrontent le verglas à grand coup de jurons.

Je ne vous décris pas pour autant un hiver idyllique, rempli de joie et de cris d'enfants bien nourris. L'hiver, dans toute sa splendeur, se retrouve dans la froide solitude, dans "les soirées près du feu", mais sans feu. L'hiver, c'est un rêve éveillé, où le cerveau, gelé, n'a pas d'autre solution que de se réchauffer dans des délires mélancoliques.

On se rappelle sans doute mieux les souvenirs d'été, mais rien n'est plus voluptueux que de retrouver la sensation de l'hiver, l'odeur du froid et les doigts gelés. Rien n'est plus agréable que de marcher sur la neige grise des rues polluées.

Si j'aime autant l'hiver, c'est peut-être parce qu'une plaine vide recouverte de neige représente plus mon inconscient qu'une piscine remplie de gamins en maillots.

samedi 25 octobre 2008

Réflexions vaines et inutiles #3

Moi, je fais de la musique. Enfin, j'essaie. Le problème, avec la musique, aujourd'hui, c'est que pour se faire connaître, il faut se formater la gueule. Il faut être carré dans le rythme, avoir des trucs construits, et surtout chanter bien, ce qu'évidemment je ne sais pas faire.

Le truc, c'est que la musique reste pour certaines personnes, moi y compris, un moyen d'expression totalement personnel et incompréhensible. J'appelle ça la "mystification lyrique", parce que les paroles de certaines chansons ont une signification A pour leur auteur et une signification B pour le reste du monde.

Toujours est il que malgré les perles que nous pondent certains groupes, on bouffera toujours de la Star Ac', de la variété française et du RnB ou du rock que même c'est pas le groupe ou le chanteur qui a écrit sa musique, mais un autre mec dont on entendra jamais parler.

Aujourd'hui, donc, pour débarquer sur le marché français du disque, les artistes n'ont plus que quelques solutions. La première, c'est de passer par une émission à la con, la deuxième, d'être le fils d'une star ou d'un producteur, la troisième, de se faire connaître par ses propres moyens : internet ou IRL, "in real life".

On pensera bien sûr à remercier My Major Company, qui permet de lancer des artistes inconnus (même si Grégoire a pondu du nian nian), mais on évoquera également My Space Music, qui reste la meilleure façon de dénicher du bon.

Donc, si vous voulez dénicher du bon, allez sur myspace. Si vous voulez dénicher du moins bon, voilà le mien : www.myspace.com/universparallele.

Ceci n'était pas un message publicitaire caché.

vendredi 24 octobre 2008

Dépressions vaines et inutiles #1

Moi, je me demande comment commencer un texte dans lequel je veux dire que je m'ennuie. Parce qu'en plus, c'est pas franchement drôle de parler d'ennui, on se fait chier assez rapidement.
Ou alors, je peux écrire un poème spirituel/politique/lyrique, ce genre de truc, mais un poème ça reste personnel, et en plus je suis pas chaud pour un poème. Et puis "poème" ça me fait penser à "poêle", donc à "poil", et du coup ça a une symbolique dégueulasse.

Je me rends compte, je cite, qu'il est "plus facile de se prostituer que de trouver du travail" (ouais, c'est cité de moi, je sais, c'est super stylé, merci, ouais, youpi, ah ah), qu'il est plus facile de trouver du travail que de rencontrer des gens intéressants, qu'il est plus facile de rencontrer des gens intéressants que de s'amuser dans la vie, et qu'il est plus facile de s'amuser dans la vie qu'être heureux.

Je me rends compte que je suis une grosse flemme. Je me rends compte d'autres trucs dont je ne parlerai pas ici, comme ça je reste mystérieux.

Ouais, en fait ça va pas en ce moment, quoi. Je sais, ça en dit pas long, mais en même temps, j'ai toujours insisté sur le fait que ce blog était personnel (d'ailleurs il n'est lu que par deux personnes, coucou les filles). Mais en même temps, s'il est personnel, ça ne sert à rien qu'il soit sur internet. Ca veut dire que je m'adresse quand même à du public, puisqu'en plus je soigne mon style. Donc ça veut dire que je devrais développer. Développons, ce qui permettra peut-être à quelques uns de porter un regard objectif sur leurs problèmes à eux et d'en trouver les solutions.

1. ennui, lassitude, symptômes avérés et reconnus de la déprime dite passagère : s'occuper.
2. difficulté à rencontrer du monde : faut que je prenne plus de douche, que je m'habille chez Jules, que j'aille en boîte, et que je sois gentil.
3. manque d'objectif : faut que je trouve un objectif.

Voilà, voilà.

dimanche 12 octobre 2008

Réflexions vaines et inutiles #2

Moi, j'aime bien la bédé. J'aime bien Lewis Trondheim, aussi. Enfin, j'aime pas mal ce qui se fait sur le net, que ce soit des planches à la va-vite ou des quotidiennes.

Mais voilà, moi je sais pas dessiner. Alors c'est vrai qu'avec les mots, on peut raconter pas mal de choses, mais ça vaudra jamais une bonne case de bédé. Du moins, dans l'idée que j'ai de raconter des histoires inutiles grâce au dessin.

Je pourrais apprendre à dessiner, mais je n'y arriverai pas. D'ailleurs, ce sont toujours les droitiers qui dessinent le mieux. Les gauchers sont plus branchés musique, écriture, sport, ou rien du tout.
Alors, je pourrais devenir droitier, mais j'y arriverai pas. Parce qu'en fait, si j'avais voulu le devenir, j'aurais dû m'y mettre dès le début, et puis de toute façon les droitiers ne savent que dessiner ou être prof. Y a que les profs de sport qui sont gauchers.

Mais c'est vrai qu'être prof de sport ça peut être sympa.

... mais qu'est-ce que je raconte, moi ?

Enfin bref, je suis totalement bloqué. Soit je me mets à vendre mon corps et je me paie des cours de bédé avec les gains, mais il faut aussi que je prenne des cours de chant, et puis j'ai la fac', et la bouffe, le papier toilette et la bière à payer. Vendre mon corps, ça me rapporterait pas assez.

Ou alors, je pourrais devenir ami avec une vieille, la tuer dans son sommeil, et empocher le legs qu'elle m'aurait donné par le biais de son testament. Ouais, mais nan, ça prendrait trop de temps, surtout qu'une vieille c'est long à comprendre.

En même temps, est-ce que j'ai besoin d'argent ? Je peux aussi me débarasser de tous les problèmes typiquement humain, faire corps avec la nature et mourir d'une grippe.
Ouais, mais mourir d'une grippe, c'est la honte quand même. Donc ça, c'est pas possible.

Et puis merde, je sais même pas ce qui est possible. C'est possible de vous emprunter ceci, c'est possible d'utiliser vos toilettes, c'est possible, GNA, GNA, GNAA.

Ah, j'ai une idée. Je me prostitue, comme ça je me fais repérer par un producteur de film porno ; j'en réalise la musique tout en jouant dedans, je tombe sur une actrice qui sait dessiner et qui m'apprend, puis je fais fantasmer les vieilles quand le film passe à la télé, du coup y en a une qui me file son legs (et son corps, échange de bon procédés même s'ils sont vieux), ensuite je joue un prof de sport dans un film indépendant super stylé genre "Entre les Murs", le truc trop contemporain que personne ira voir, mais que les gens qui l'auront vu ils se diront "je suis trop culturé d'être allé voir ce truc, même si j'ai rien compris" et même qu'après ils demanderont à tous leurs amis "tu l'as vu ce film ? Nan ? Ah, ben tu rates un truc, t'es pas très culturé toi !", tu vois, quoi, enfin voilà, et puis après je m'enfuis sur une île déserte pour finir mes jours, en ayant bien pris soin de devenir droitier et d'emporter assez de provisions pour ne pas avoir à manger des fruits pourris qui filent la grippe.

... ben voilà, c'était pas compliqué.

samedi 11 octobre 2008

Réflexions vaines et inutiles #1

Quand on me dit que la cigarette tue lentement, je réponds qu'il vaut mieux vivre intensément et mourir jeune plutôt que se tuer à ne rien faire.

C'est l'un des nouveaux faits de société, de ceux qui animent les foules, bla bla. Après les séropositifs, les homosexuels, les noirs, les athées, voilà le tour des fumeurs. Quel vice ! Si je demande à l'Etat son avis sur la question, il me répondra que Marianne ne fume pas, que fumer tue, que le tabagisme passif, que ceci, que cela, et qu'il faut éradiquer les fumeurs.

Le nouveau délire en date de nos politiques va encore plus loin... en juin 2008, et de façon très discrète, une proposition de loi a interdit la cigarette dans une voiture, en présence d'un mineur de moins de seize ans (1). Alors, faut qu'on m'explique : la cigarette pollue, mais pas la voiture ? Le nuage de pollution qui flotte au-dessus de Paris est un paradis pour nos poumons ?

Maaais non, les mineurs de moins de seize ans ne DOIVENT pas fumer... d'ailleurs, ils ne devraient pas sortir le soir, se coucher après 22h, manger gras/sucré/salé/tout court, avoir des relations sexuelles, rire, parler, réfléchir.
M'enfin, après 16 ans, ça va, la fumée n'est plus un danger. En fait, non, l'adolescent a le choix ! Il peut ainsi décider de monter ou non avec un fumeur, ou encore décider de vivre dans une bulle stérile tout au long de sa vie, de ne pas sortir de chez lui, et de ne pas regarder TF1, et puis aussi de ne pas téléphoner, parce que téléphoner tue, et puis en fait, tout tue.

On observe, depuis plusieurs années la naissance d'un nouveau concept : le capital santé. Vivre sainement, vivre mieux, vivre vieux, se lever à 7h pour se coucher après le nanard de 21h, respecter ses voisins et boycotter le MacDo. Par contre, un verre de rouge deux fois par jour, c'est bon pour le corps.
Quant à l'Etat, il surveille gentiment et naïvement ce peuple docile et travailleur. Tuez-vous à la tâche, le travail, c'est la santé, ce genre de truc.

Un monde de vieux, voilà ce qu'il nous faut. Mais des vieux non-fumeurs.

(1) http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion0986.asp

samedi 13 septembre 2008

Le bon, la brute et le truand

On me reproche beaucoup de choses.

On me reproche d'être égoïste, narcissique, égocentrique, d'être un flemmard de première, de ne pas mettre de lait dans mes céréales ; on me reproche de ne pas assez écouter, de ne pas assez parler, on me reproche de ne pas tout le temps être là, de ne pas avoir d'assez bonnes notes, on me reproche de travailler, de ne pas travailler, on me reproche beaucoup de choses.

Que voulez-vous, hé ! le monde n'est pas parfait. Il y aura toujours des gens "biens" et des gens "mauvais". Il y aura toujours des gens comme vous et des gens comme nous, les gentils et les méchants, les purs et les pourris.
Et on a beau être compréhensible et prêt à évoluer, rien n'y fait : on conserve toujours ses gênes de mauvais. On passe toujours pour le méchant.

Enfin, je suis peut-être méchant. Il le faut, non ? Soyez gentils de votre côté, altruiste and co, si ça vous plaît. Voyez votre vie comme un idéal à atteindre, considérez le reste du monde comme un troupeau à instruire. Ou encore mieux : voyez les autres comme des mentors, cherchez la connaissance, cherchez des amis, des bons moments, du rire et de la joie, inscrivez-vous au Club Med et apprenez les paroles du prochain tube de l'été.

En réalité, faites ce que vous voulez. Vraiment tout. Mais ne venez pas me reprocher d'être ce que je suis. Ne venez pas me reprocher de vivre pour moi, et de ne rien attendre de vous. Ne venez pas me reprocher d'afficher mes défauts, là où vous les cachez par hypocrisie. Ne venez pas me frapper par derrière. Démerdez-vous, je ferai de même.

Alors, oui, c'est sûr, on a tous besoin d'aide ; mais chacun différemment. Certains la demandent en permanence, plongés dans une vie en melting-pot. D'autres n'en ont que rarement besoin.
Ce n'est pas une question de fierté. Au contraire. Les gens naissent et grandissent, se forgent et évoluent. Ne pas vouloir reçevoir d'aide est le meilleur moyen de dire "laissez-moi me débrouiller, je ne veux pas vous embêter avec mes emmerdes, je vous appelle si je me plante".

Il est impossible pour quiconque d'affirmer vivre parfaitement. Tout le monde a le même nombre de qualités et de défauts. On les voit juste plus ou moins. Ca s'appelle généralement "l'art de l'hypocrisie" ou encore "l'art de la manipulation".
Pour savoir si vous êtes dans l'une ou l'autre de ces catégories, réfléchissez juste un petit peu : vous arrive-t-il de vous dire "ah, je suis trop fort, je dupe le monde entier !" ?

C'est très facile de critiquer les gens qui sont vrais. Très facile de couler tout ce qui passe en se prenant soi-même pour le sous-marin. Très facile de s'afficher en effaçant les autres.

Faites ce qu'il vous plaît. Mais sachez juste que s'acharner à manipuler le monde est le meilleur moyen de ne plus le voir.

Ceci n'était pas un coup de gueule, ni une attaque visant quelqu'un en particulier ; je mets mes pensées sur papier pour en rire dans quelques années. Que vous ayez lu ce texte ou pas, je m'en fous un peu.

M'enfin, bon.

Le Chat Noir (futur prix Goncourt - Renaudot - Peugeodot)


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La vie n'est faite de rien. Que de néant et d'illusions. Les passants qui s'acharnent sur les trottoirs ne sont que des ombres en mouvance. Comme un trop-plein de lumière ; une lumière aveuglante, une croyance inutile et des peurs devenues espoir.
L'homme est la seule espèce à ne pas en avoir conscience. Caché derrière ses livres, il étudie la pluralité des espèces, la pollution, le savoir-vivre et la torture. Il ne voit pas ce qui se passe, il ne lève pas la tête pour lire la reliure. Tous ses bouquins sont marqués d'une croix noire.

"J'avoue m'être levé ce matin d'humeur massacrante. Quand j'ai ouvert les yeux, je n'ai vu que les murs blancs de ma chambre, rendus gris par l'obscurité. Une faible lumière perçait à travers la petite vitre entrouverte. Le genre de petite vitre derrière laquelle, la nuit, se cache toujours un monstre à tête de cul, ou une vieille aux dents jaunis. Sans la pomme, parce que Blanche-Neige n'habite plus ici.
Bref ; forcé de me lever, j'enfile quelques fringues et descends au rez-de-chaussée. Bon, si je te fais chier tu me le dis, ok ?

- Hm hm.

- Nan, parce que si c'est pour que tu me fasses la gueule après, c'est pas la peine.

- Ouais, nan, c'est bon, vas-y, j'écoute.

- Bon. Ok. Donc, je descends... t'écoute, hein ! donc, je descends, et là je tombe sur mon chat, qui dort au milieu du couloir. Je sais pas ce qu'il foutait là, mais il m'a encore plus foutu le cafard. Il me regardait avec ses deux yeux à la con, un truc du genre "bonne journée, je dors jusqu'à ce soir. Ron ron."

- Je vois le truc.

- Me coupe pas s'il te plaît, c'est déjà assez soûlant comme ça.

- Je te coupe pas, je te dis que je suis d'accord bordel.

- Ca sert à rien de me parler comme ça, et puis si c'est pour taper une gueulante, c'est pas la peine.

- C'est jamais la peine avec toi ! Prends la peine de te la donner, la peine !

- ... de quoi tu parles ? Arrête de jouer avec les mots, te cache pas derrière tes trucs de prof de français, là !

- Ouais, t'es juste trop con pour comprendre.

- Comprendre quoi ? Que t'es lourd avec tes conneries ?

- Mes conneries, c'est les miennes, je fais ce que je veux avec. Et si tu me trouves lourd, t'as qu'à te foutre assez loin de moi pour pas participer à mes conneries.

- Très bien."

Il s'en va, et personne ne sait pourquoi. L'homme fuit, abandonne ; trépasse. Pauvre homme, pauvre petit homme perdu dans la brume infinie de l'inconscient et de l'irrationnel, plongé au coeur d'une spirale de mensonges et de vice, pauvre petit homme, pauvre, pauvre, pauvre encore petit homme ! ô, toi qui suivais les étoiles, caressais les moutons et jouais avec les dauphins ! tu erres dans les couloirs sombre de l'errance, tu crois en les peintures de la croyance, et tu marches dans les traces de la marchance ! ...
... qu'est-ce que je commences à déconner moi !

Bon, bref, la morale de cette histoire, c'est qu'un chat ne doit jamais dormir au milieu d'un couloir. Bonne nuit les enfants !

jeudi 22 mai 2008

It's electrifying !

Hé, salut les copains !

J'ai une révélation un peu bête à vous faire ; vous savez, le genre de truc qu'on avoue que bourré.

Bon, là, deux secondes, j'écrase un moustique et je reviens.

...

...

... voilà.

Bref, bon, oui, ah c'est vrai... ben... j'apprécie énormément Travolta.

Ouais, bon, c'est nul, m'enfin moi je le trouve vachement charismatique ce mec. Un p'tit air de moi sur les bords.

Et pour ceux qui l'auront deviné, tout ça n'était qu'une introduction. Ben ouais, je préfère ça à un "bonjour" ou à un "lol slt !".

Sinon, ça va, vous ?

Ouais, cool.

Ahem.

...

Hop, et là vous vous dites que j'ai rien à dire... sauf que non !

Vous vous dites que je vais vous pondre un truc trop métaphysique sur la life, ben non.

En fait, je suis juste là pour prendre de vos nouvelles. Hé, je suis altruiste : je suis dans la merde, vous passez me voir ! ben soyez dans la merde, et je viens voir si tout va bien !

Et pis sinon, quelques news pas très importantes : un déménagement à Lille en septembre, un permis vers juin/juillet, une grosse bite et un sens de l'humour en pleine décadence.

Donc je m'amuse bien. Vous remarquerez que la chronique "Concerts" a disparu... pas que j'aie arrêté de bouger, c'est juste que je manque de temps en ce moment. Oui, je le dis à chaque fois, mais à chaque fois j'en ai plus sur le dos.

Entre les p'tites merdes quotidiennes qu'on connaît tous ("signe tes papiers, "appelle ta banque", "envoie tes notes de frais", "range ta chambre"), les exams de S2 ratés (youhou !), un mois de juillet qui s'annonce taffant au possible (zzz...), je suis un peu mort.

Mais ça va, hein, je m'éclate bien. Heineken, Poliakov et Jean-Mouloud sont des bons potes.

Mais ils ne valent pas deux famille, la première composée d'un père têtu, d'une mère qui rit de poissons, d'une soeur qui parle que de cul, d'un beauf' bassiste assidu et d'une soeur qui grandit bien ; et la deuxième composée de Buddy Pine le drogué et de Ma mie la gothique.

En fait, ils ne valent rien, puisque toutes ces emmerdes font exprès de se mettre sur ma route.

Elles tombent du plafond et s'écrasent comme des flans qu'on retournerait en enlevant la bande d'alu du fond, essaie désespérement de me bloquer, mais elles comprennent pas qu'on n'arrête pas un type comme moi.

Pas un type qui a des gens derrière lui et des rêves plein la tête.

Pas un type qui peut parler, écrire, lire et vivre sans contraintes.

Et si c'était nous qui faisions tomber les flans du plafond ?

jeudi 29 novembre 2007

Fake Plastic Loves

C'est bizarre.

Ouais, c'est zarbe. L'inspiration, elle vient, elle passe, elle se lève, elle se couche, comme le soleil, le ciel, les oiseaux, et ta mère.

Y a des jours où ça déborde, y a des jours où ça brûle, y a des jours où c'est sec et mort.
Souvent, c'est plein de tristesse, et ça pleure. Aujourd'hui, c'est lumineux, ignorant, niais, idiot, mais ça rit.

L'inspiration, elle vient, elle part, mais au moins, quand elle est là, elle me fait vivre. Chelou sa mère la tepu.

Un p'tit coup de batterie, quelques souvenirs, et je suis parti loin, loin.

Un p'tit bar, un café, quelques rêves, et je ne suis plus là.

Putain.

Y a des jours où ça va pas, mais y a des jours où ça va. Et c'est là que j'ai besoin d'un appareil photo pour garder le souvenir d'un coeur heureux, une photo que je pourrai regarder quand il m'aura lâché.

Et puis je prendrai ma guitare, come on, dance around, jouant un peu, from me to you, pour mettre quelques notes sur cette photo.

On m'a dit un jour : "don't worry, life is easy". On me le répète souvent. Have you ever fly ? Let me teach you I do.

Vous savez, les copains, j'adore quand un texte devient niais au possible. Mais j'adore être inspiré, même si c'est pour vous raconter des cracks. Rien à foutre.

De toute manière, un jour, le ciel, là, vous le voyez ? ouais, ben ce ciel, ces étoiles, tout ça, tout ce que vous, tout ce que vous regardez avec vos yeux vides, moi je l'atteindrai, j'irai là haut, où bien le là-haut viendra à moi.

Je cherche pas à être sauvé, vous y arriverez pas. Je cherche juste à être inspiré, encore un peu. Inspiré pour dresser la mélodie qui me servira d'échelle, et je grimperai jusqu'à la lune, pas celle que vous pensez, mais celle dont parle l'autre, là. Ouaip.

Sinon, je kiffe les Bisounours.

vendredi 23 novembre 2007

Everybody's gotta learn sometime

Wesh.

Je me rends compte que ça fait longtemps que je vous ai plus parlé de ma vie formidable et ô combien intéressante.

Eh ben, j'ai eu mon bac. Ouais, en passant sous le bureau, évidemment, mais c'est coule quand même. Tout en décrochant une p'tite mention AB, j'ai été embauché à Nord Eclair comme correspondant. Mot d'ordre : trouvons les chiens écrasés. Le taf reste quand même super enrichissant.

A côté de ça, je mange des chips. Ah, ben tiens, non, je suis rentré en fac. Lille 3, Lettres Modernes, option suçage de boules.

Là-bas, j'ai rencontré des joyeux drilles un peu cinglés avec qui on billarde (ndla : faire des billards) durant le blocus en buvant des cafés en jouant aux mots fléchés en jouant à action ou vérité en se tapant la honte. Lourd programme.

Surtout quand ces joyeux drilles sont en réalité une pouffiasse excentrique dégénérée droguée à "Guerre & Paix", une gothique serveuse délurée qui aime crier "amain" (ce qu'on n'a toujours pas compris, m'enfin), un chevelu qui danse à pieds nus et qui ressemble foutrement à Paul Léger des Fatals Picards, et un autre fumeur de trucs illicites qui est bizarre uniquement quand il est net.

Tout ce beau monde est donc bloqué, et ça, c'est explosif.

... euh, ouais, "explosif", ça veut rien dire de précis, juste pour le placer.

Ahem. Vala. La prochaine fois, je vous raconte comment j'ai capturé mon premier chips. En attendant, go to the dodo (ils m'ont surnommé "le premier de classe", donc je vais me coucher avant 23h, na).

vendredi 8 juin 2007

Connard

Comme, je suis un connard, j'ai créé un Myspace pour mettre mes conneries. Normal, quoi.

... ah, l'adresse : Univers Parallèle

Sinon, j'ai mon p'tit Polo, le mec de ma soeur, qui participe à un concours à la con, mais pour gagner une caisse. Si vous vouliez bien voter pour son cul à cette adresse : Où est Polo ?

Merci pour lui.
C'était la pub.

PS : au passage, bonne chance à ceux qui passent le bac, je sais maintenant combien c'est dur/difficile/chiant/chips (biffer/rayer/barrer les mentions inutiles). Bwaaaah !

dimanche 1 avril 2007

Dimanche

Bouh. Ahem, pas grand chose à dire ces derniers temps, pas grand chose à foutre en ligne, plus beaucoup de temps. On fait avec. Ouais, maintenant, je suis un ado blasé, ça fait plus classe que d'être un rebelle.

... je raconte vraiment n'imp. M'enfin, bon, je vous laisse en compagnie des Pagaies Roses, qui vous interprètent une reprise d'un célèbre morceau des Gros Nibards : ... euh, je connais pas le titre, en fait. C'est la surprise.


Putain, j'ai la quiche moi.

jeudi 15 février 2007

Vous allez aimer la Saint-Valentin !

Aujourd'hui, enfin, hier, c'était la Saint-Valentin.
Voilà mon message, destiné à tous les amoureux de ce monde.

Donc, bonne fête à la con, avec un coup de pied au cul.