jeudi 3 juin 2010

Guewen Raphin #2

Et s'y joint la suite, car elle ne pouvait vivre avant... et pourtant ?


III. Les folles courses du temps

Bouleversent mon cœur bringuebalant


23 janvier 2001,

Je ne me rappelle plus très bien de cette soirée, mais je me souviens que j’étais défoncé. « Est-ce dangereux ? » demanderez-vous si vous êtes sceptique. « C’est dangereux », direz-vous si vous êtes français.

Mais la distinction n’est pas là. Le danger n’importe pas ; c’est le plaisir qui existe. Alors, vous devriez demander : « Est-ce bien ? ». Mais vous ne le faites pas.

La peur vous ruine et vous ausculte ; vous vous figez pour gagner du temps – qui est, rappelons-le à juste titre, de l’argent. C’est dur… alors vous trouvez votre plaisir là où vous le pouvez. Dans la consommation, dans l’achat de bidules inutiles, ou de machins pas chers. D’autres boivent ; d’autres baisent ; d’autres boitent.


26 janvier 2001, oh le beau temps

J’ai vu Léa aujourd’hui.


« Je ne peux pas tout pardonner.

- Moi non plus.

- Alors on se quitte.

- D’accord. »


Je me souviens surtout de ça, en fait. « D’accord ». Comme une façon de répondre à ma provocation : « toi tu plaisantes, mais moi pas ». « Adieu », en quelque sorte.

Elle m’aura quand même fait mal au cœur, avec tout ça. Je suis déçu, mais pas désabusé.

Je cherche l’âme sœur que nous avons tous, mais elle me coule entre les doigts. Je vois passer tant de filles, partout. Mais aucune ne me fait vibrer. Même pas un tremblement. Pas un souffle. C’est désespérant. Je commencerais presque à réfuter mon aimabilité. La vie est triste, mais c’est la vie, hein. Et puis pas de quartiers pour les grisés. Pleurons chaudement, pleurons encore.


Il ne pleurait pas beaucoup, mais le soir de sa rupture avec Léa, il est allé à l’encontre de sa nature. C’était triste, mais beau en même temps… j’ai longtemps pensé qu’il n’avait pas de cœur, ou du moins qu’il était insensible à toute douleur. Mais ça le touchait vraiment.


« Tu n’y crois pas ? Mais pourquoi, alors ?

- Parce que toute personne a besoin d’être aimée et d’aimer.

- … alors c’est juste un passe-temps ? Un réconfort personnel ?

- Pas du tout : je suis avec cette fille comme je suis avec moi-même. Je ne lui mens pas, et elle le sait. Elle sait aussi que je l’aime.

- Ca ne suffit pas. Aimer, ça se fait de toutes ses forces. C’est bien la seule chose que nous ayons de bon, Guewen !

- Hé, tu me ferais presque rire ! »


C’est vrai qu’il ne croyait pas en l’amour. Il ne croyait pas en grand-chose, à vrai dire. Il semblait fade à beaucoup de gens. Fade, et froid. Comme détaché de tout ce qui compte vraiment pour nous. Je ne soutiens pas l’idée que Guewen était un sage, puisqu’il ne l’était clairement pas. Certaines de ses convictions me faisaient vomir, et son comportement n’était pas toujours calqué sur celui d’un homme bon. Il avait ses défauts. Moi, ce sont surtout ses idées qui m’ont retenu au début. Mais au bout d’un moment, je pensais me lasser déjà…


IV. Les anges sont fidèles

C’est dingue les goudrons qu’on avale en fumant un pétard. Mais même le plus accro des accros s’en fout. Je n’ai jamais compris ce que tous ces gens trouvent de formidable à ce truc. La défonce ? C’est vite lassant. La réflexion ?

La réflexion. « Think different ». Belles théories, grands mots, Bob Marley qui l’annonce, et nous voilà tous partis planter. Il y a deux façons de voir les choses, et à mon avis, il est préférable que je vous expose chacune de ces hypothèses.

Certains penseront que la beuh est un véritable fléau. Que la drogue tue, et que l’alcool n’en est pas une. Nous imaginerons ces toxicos, à défaut de les voir. Puis, nous en verrons, et nous seront confortés dans notre choix. Que ces gens ont l’air triste ! Mon dieu.

Et puis d’autres se diront que le cannabis a toujours fait partie de l’histoire. Depuis des milliers d’années, il a toujours offert une échappatoire à ceux qui rêvent d’un monde différent. Ceux qui s’y ennuient, ou ceux qui n’y trouvent pas leur place.

En connaissant Guewen, je suis passé d’un statut à un autre.


14 août 2004, quand l’altérité vous détruit, pensez « altérité »

L’Homme m’a longtemps déçu. C’est très misanthrope, très égocentré, mais je tiens à préciser que je m’inclus dans ce groupe animal.

C’est dommage de voir à quel point ces bras mécaniques, que nous avons mis des centaines d’années à mettre au point, ne servent pas notre élévation spirituelle.

Loin de penser à Dieu, ouh, très loin ! les questions de religion ne m’intéressent pas. Et puis je n’ai pas envie de rire pour l’instant.

Les Platon, les Lucrèce ou les Aristote ont notre âge. Ils nous précèdent de deux mille ans, et ils sont pourtant aussi évolués que nous. Regardez-les, ils réfléchissent déjà à des thèses que nous exploiterons encore maintenant. C’est putain de fou !

Pardon pour mon emportement démesuré, mais la perspective de les voir un jour nous apprendre le sens de la vie me fait sourire ! Plus important que leurs théories, c’est le fait que nous n’ayons pas réfléchi sur nous-mêmes qui me sidère. Qui me donne la rage. C’est fou.

Nous avons passé du temps à construire notre confort et notre environnement, mais les sciences humaines sont une discipline bien trop récente. C’était un peu « se détourner de sa misère » comme dirait l’autre. Bien dommage.

Je ne crois pas en un Homme bon, non. Je crois en un Homme qui se veut perfectible. Qui a la volonté de devenir « meilleur ». Vos lois sont fausses, mais il faut des lois. Comme il faut un cadre. Parce que certains ne suivent pas des idéaux de noblesse. Et ces gens ne sont pas à maudire ! Les maux se produisent parce que les mots changent pour chacun d’entre nous. Tout le monde voit la vie à sa manière. Le mal et le bien ne sont pas des notions objectives.

Alors voilà, j’aurai beau appeler à l’aide, jamais personne ne viendra. Il y aura dans l’air comme une torpeur, comme un vague murmure. Et on dira : « C’est intéressant ».

Et peut-être aura-t-on raison.


« Le pardon angélique se prend, mais ne se donne pas à ceux qui pensent être rois de briques et d’illusions.

Certains anges s’étreignent, anxieux de citer les visés, mais les anges sont fidèles de cœur à leur aimé »


J’y aurai vu du sens à ce poème, si je l’avais compris plus tôt. Logique, mais tellement logique. Il ne suffisait pas de chercher, il fallait aussi connaître le personnage. Il allait de pair avec ce carnet, puisque c’était sa tête même qui en était l’encrier. C’était ses idées, son monde, et tout ça il le voyait grâce à ses drogues. Les artistes sont comme ça… ils nous séduisent parce qu’ils nous parlent d’un « ailleurs », d’un autre part. De la possibilité de s’arracher pour quelques instants à une existence trop morne. Nous avons tous vécus là-dedans, comme bercés par un trop plein d’imagination. Du genre fébrile.

samedi 22 mai 2010

Guewen Raphin #1

Après un long silence, voilà la première partie d'une nouvelle écrite pour le PJEF (Prix du Jeune Ecrivain Français), mais qui n'a pas été retenue... par contre, vos avis sont bienvenus !


Au revoir, Guewen


Je m’envole bientôt. Bientôt, je rejoins le ciel, cette immensité lumineuse, je vole vers les étoiles et je m’arrache à mes racines puantes et austères.

Je l’ai vu partir, comme ça, du jour au lendemain. Ses yeux rougis par les rêves se sont fermés doucement, et il s’est envolé. Ca paraît dingue, si proche, mais si loin en même temps. Si soudain, mais prévisible. Je croyais qu’il prendrait son temps, qu’il me dirait au revoir. Ah, le temps. Je l’attendais, je brillais à l’idée de le voir débarquer, aujourd’hui, demain, tout à l’heure. Mais il n’est jamais venu. Il a préféré partir sans un mot. Sans une excuse. Sans même un peu de dope.

Un grand nombre de mes amis sont morts, et beaucoup sont morts pour rien. Mais lui, il s’envolait trop. « Je souffle sur les étoiles comme je souffle sur mon pétard ». Ca vous paraît beau ; c’était stupide. Imbécile et fier, il prônait l’éveil de l’âme. L’intellucidiligence. La connerie, ouais. Mais il avait raison sur un point : la vie ne choisit pas pour nous. Elle convient à beaucoup, mais il y a toujours des déçus. Lui faisait partie du second groupe.

C’est sûr que ça fait bizarre, de voir quelqu’un s’envoler. C’est une sensation étrange, un peu comme l’accès à un autre monde, à une autre réalité. Comme se réveiller le matin encore tout épris des courbes des rêves de la nuit. Comme penser apercevoir, dans une ombre distordue, l’inquiétante silhouette d’un fantôme étranger. Etrange, dit l’ange.

Toujours est-il qu’en rangeant les quelques affaires de notre appartement, je suis tombé sur un cahier spécial. Si vous regardez bien la chambre d’un ami, vous y verrez toujours un détail qui vous trouble ; qui vous attire l’œil comme pour vous dire : « j’ai un secret ». Celui-ci était tout simple ; simple assemblage de feuilles blanches, agrafées ensemble par le flanc gauche. C’est bien la couverture qui m’aura fait tilter. Mauve, sombre, un peu comme une invitation à la démence. Et dessus, en lettres blanches, dans une grosse écriture tracée au pinceau, on lisait ceci : « La vie n’est que les rêves que je pourrai en faire ».

Quant à moi… j’ai vécu trop longtemps avec lui pour rester dans cet endroit. J’ai pris quelques cartons et je suis parti voir le monde. Mais je tenais, un jour, à vous faire partager les doutes et les idées qui animaient cet homme. Un certain Guewen Raphin.


I. GUEWEN RAPHIN ECRIRA

24 novembre 2003, 16h34, heure locale et mouvement indolent :

« Ma vie ravit mes rêves ; mes rêves, ma vie : mon cul »

Il fait sombre ici. J’ai vu des jours aux formes plus rondes.

C’est bizarre, ce qui se passe par là, parce que, par là, c’était ma vie.

Bien dommage, moi l’exalté, fou refoulé, campant devant les portes d’entrée

Et puis voilà, tout est parti. La lumière, le temps, les gens, je ne vois plus grand-chose.
Qu’est-ce qu’il fait sombre, ici…


30 novembre 2003, je suis enrhumé.

Pourquoi ? Comment. Et voilà que ça recommence. Nos histoires de rebellions. Tu as le cœur en miettes ? C’est bien dommage. On lui dira, je lui dirai. Tu délires mon vieux.

J’ai commencé aujourd’hui mon boulot à l’imprimerie. C’est un bon début, le taf est sympa et ça me ramène de quoi manger. Les gens sont cools, bla bla bla… et puis le temps passe, et je bloque devant la case « boulot »… et je passe ma vie à foutre la même chose, je m’enlise, j’en crève et je poursuis ma longue descente vers cet enfer qui m’appelle.

Et puis j’ai beau voir chez les femmes ce que j’aime dans la vie, je ne trouve pas ma place avec l’une de ces filles. Je vais errant, à contretemps. Comme le vent. Qui m’emporte ; deça, delà, pareil à la feuille… la suite, on la connaît tous.


13 décembre 2003, la larme à l’œil, l’œil alarmant.

Mes douleurs oculaires recommencent. Belle appellation pour un phénomène inexpliqué. Parfois, ma vue se brouille, mes yeux s’envolent. Des étoiles qui apparaissent, la tête qui bourdonne. J’hallucine.

Dans le doute, j’ai ralenti un peu mes conneries. Je tempère, mais les habitudes sont difficiles à contredire.

… c’est aussi vrai que j’ai entendu dire que c’était l’excuse typique des accros.

Et puis merde ! tant pis pour la vie, allons-y pour les rêves. Que le monde m’accorde ma part de liberté ! Qu’on me laisse respirer, voir, aimer, transpirer ; grandir… mais ne pas en suer.

Je réfléchis à ma société idéale, étant par là même un citoyen bon et respectable. C’est ma contribution au débat qui n’existe pas sur la notion de bon ou de mal dans ce que nous faisons. Et c’est vraiment une belle connerie. Le bon, le mal, à la rigueur… peu importe. Tout homme a sa part de sourires et de rages, de qualités et de défauts. Nous sommes tous des copies ; la nature n’a jamais voulu fabriquer un échantillon unique. Mais le pire, l’ignoble, l’horrible dans tout ça, c’est que chacun se sent obligé d’ « être bon ». Est née l’hypocrisie, le fléau de notre époque. La raillerie, le « paraître », le « in », à la « mode »… le vestimentaire aura tué l’homme. Alors que les rôles étaient bien définis, le marché a vu débarquer des dizaines de nouveaux « genres ». Du style qui allait saisir un groupe de gens… et puis le vestimentaire s’accommoderait, dans l’image, à un caractère. Qui serait, par la suite, imprimé dans les crânes comme pour dire : « c’est tes fringues, c’est toi ».

Ouais, l’hypocrisie fend bien des cœurs. A commencer par le mien. Je vois le monde qui tourne, en plein tournage, le monde. Des acteurs, par-ci, par-là, quelques réalisateurs qui tentent vainement de tourner à grands coups de politique et de fumisteries – ceux-là sont les plus dangereux ; et d’autres qui sont réellement bons et qui marquent les consciences de par leur charisme et leur humanité joyeuse..

L’homme n’est ni bon, ni mauvais, au final. L’homme est lui-même, mais c’est l’homme qui respecte son égal qui est le plus respectable. Et voilà que par la suite, c’est ceux qui mentent aux autres qui finissent par se mentir à eux-mêmes. Ils s’éteignent dans leur personnage, dans la routine qui les bouffe. Ils se lassent, se laissent porter au vent mauvais. Qui les emporte, etc.


II. Y a-t-il seulement eu un I ?

J’ai rencontré Guewen à la faculté. Par un hasard, une coïncidence. Des circonstances soumises aux lois… mais quelles lois ?

J’avais 22 ans à l’époque. Pas de bagages dans les pieds, mais beaucoup de projets dans la tête. Du genre, le cœur vaillant, qui quitte peu à peu son petit foyer en pensant être capable. Non pas mature, mais capable. Ayant bien intégré vos lois, vos idées. Sachant comment envoyer une déclaration d’impôt. Sachant gérer sa vie selon vos critères.

Je pensais être à la hauteur, et tout me paraissait aisé. Des études en demi-teinte, un boulot à la con pour se mettre sur les rails… et puis des conneries à foison.
Trop d’alcool par là. Et puis trop de filles par ici. Beaucoup de dérision, d’autodérision, des coups qui se perdent.

Non, on ne tombe pas dans une vie folle par plaisir. Ou plutôt si : on commence pour le plaisir. Mais la distinction est bien là : on s’amuse parce qu’on est comme ça. Votre modèle impose la discipline, l’effort et la douleur comme des modèles à suivre. Pas de rigueur sans discipline, pas de réussite sans effort et pas de vie sans douleur. Avant même de naître, nous ressentions déjà ce qui nous attendait ici. Certains l’acceptent, d’autres le refusent. C’est un choix, et il est proprement humain. Nous sommes une minorité à croire en autre chose que vos alternatives. Il existe, de part et d’autre du monde, des hommes et des femmes comme nous. Qui rêvent d’un ailleurs, d’un autre, qui imaginent le bonheur et qui crèvent de ne pas le voir dans vos yeux aujourd’hui. L’homme se tue à être ce qu’il n’est pas.

Savoir être heureux reste aujourd’hui plus compliqué que le plus compliqué des livres. Ou des hommes, mais peu importe. L’essentiel n’est pas ce que je fais, mais tous les rêves que je pourrais faire.


Guewen est étrange. C’est un type robuste, souriant, qui vous regarde et qui lance de sa bonne voix : « Hé, t’as pensé à moi hier ?

- Euh… ouais, peut-être, pourquoi ?

- Je sais pas, curiosité. »

C’est surtout la différence qui importait. Nous étions assez opposés. Il était séduisant, j’étais plutôt moche. Il était beau gosse, j’étais pas très charismatique. Et comme ces paires d’adjectifs, l’un inapproprié pour l’autre.

On a fini par habiter tous les deux dans ce même appart. Lui venait de quitter sa copine et cherchait un endroit où s’envoler pour pas trop cher ; moi j’étais frais et puissant, et prêt à tous les voyages.

C’était un appart plutôt bien adapté, spacieux mais intime, neutre mais personnel. Les bouteilles s’y vidaient assez vite, les substances illégales y trouvaient leur place, et j’avais souvent les yeux rouges le lendemain. C’est bien cette fois-là que j’ai vu ce carnet pour la première fois.


vendredi 19 mars 2010

Cool

L'été revient, et avec lui, d'éternelles questions portant sur le monde, la vie, et plein de trucs comme ça.

Bien loin d'être du genre à regretter mes actes. Mais je me dis que tout aurait vraiment été différent si j'avais fait d'autres choix. Je ne serais pas là, ou du moins pas de la même manière. Ma vie aurait suivi d'autres voies. Peut-être plus douces, moins instructives ? Je n'en sais rien.
J'ai peut-être raté des choses, l'air de rien. Qui sait.

Je ne crois pas en un destin, mais je me dis qu'on peut décider de choisir pour son bien ou pour son mal. Décider d'être heureux, ou d'être triste. On laisse toujours des personnes sur le côté pour en privilégier d'autres ; on peut se détruire ou se construire. Ce ne sont que des choix. Des choix personnels, à assumer et auxquels il faut se tenir.

Et, ouais, mes choix me guident vers des endroits assez spéciaux, je trouve... en fait, c'est bizarre de se dire qu'on est là, alors qu'on pourrait être dans un tout autre lieu. "Si...".

Mais les "si" ne servent qu'à nous tirer vers le passé. Avec eux, on ne ferait que se remémorer quelques souvenirs heureux en priant pour les revoir passer bientôt. Le "si" est un peu l'or du pessimiste. Je retiens cette phrase : "on devrait se demander "comment ?" au lieu de "pourquoi ?", et c'est vrai qu'elle me plaît.

Alors : "pourquoi la vie ?" ou "comment, la vie ?" ; "pourquoi l'amour ?" ou "comment, l'amour ?" ; et encore : "pourquoi le bonheur ?" ou "comment, le bonheur ?". C'est un mode de réflexion qui pousse vers l'action plus que vers la constatation. L'action, c'est l'or de l'optimiste.

Mais pourtant, pas besoin de se lever tôt pour gagner l'avenir. Il est aussi possible d'agir peu, mais de le faire bien. En somme, d'associer le pourquoi et le comment pour trouver le pourquoi du comment. Là, dans sa tête, juste mêler la vision du monde à ce qu'on peut y apporter, et s'y donner à fond.

C'est pas toujours très simple, je trouve. En fait, ça l'est rarement. Ouais, on vit de façon complexe pour atteindre un but simple. On rajoute des pages à un livre vierge. La vie porte bien son nom, puisqu'elle se vit, justement. La complication est l'or du mélancolique.

Quant à ces choix... je leur trouve du goût, aujourd'hui. Parce que je comprends où j'allais me mener. Et puis, il n'y a que lorsqu'on ne sait pas où l'on va que l'on avance réellement. L'objectif est une limite à ne pas franchir. Passons au travers. Des regrets... pfff, à balancer par les fenêtres ; ils sont l'or du lâche.

L'avenir, par contre, est ce qui tire mon être tout entier. De quoi demain sera fait ? Et surtout : "comment demain sera fait ?"

La réponse, je ne la connais pas, mais j'exclus déjà les "si" et les "pourquoi". Demain sera fait de mes choix, et, au final, on ne peut pas dire qu'ils aient été mauvais jusqu'ici.

Moi je trouve ça cool.

lundi 4 janvier 2010

Soixante dixièmes

Hey ! Happy birthday, tout le tralala, avec le retard et tout ça : voilà que UP a trois ans !

On devrait fêter plus souvent les anniversaires netiens. Du net, quoi. C'est un nétologisme... ok, j'arrête.

C'est quand même dingue, trois ans. C'est le temps d'une licence, d'un mandat, d'un bac pro, de l'amour, etc. Tout ça pour dire que c'est super bien.

Ceci, de la même manière, est mon soixante-dixième article. 70 mots personnels comme autant de Pictures of Yourself. La folie expansible vers ses plus profondes contrées. Un retour de flamme violent, une balle populaire, ouais gros.

Je déraille un peu, mais l'évènement se fête, non ? ...

Non ? Et pourquoi non ? ... ah, vous vous en foutez, c'est ça ? Un peu normal, à votre place je m'en foutrais pareil.

Mais l'essentiel c'est que moi je sois content, non ? Ca vous est jamais arrivé d'être content que quelqu'un soit content, bordel ? Ben ça arrive, voilà, tant pis.

Bref. Maintenant que vous m'avez gâché mon anniversaire, j'en profite pour remercier tous ceux qui ont contribué à cette belle aventu... ? hé ! arrêtez au fond, de dire que c'est de la merde ! donc, à cette belle aventure, pleine de ténacité et de rêve. Quelle belle phrase.

A bientôt pour de nouvelles aventures belles, pleine de ténac... pan.

(hu hu, quel fin humoriste je suis !)

((la phrase précédente est ironique))

(((nan, mais je vous le dis parce que vous allez encore croire que je me la pète)))

jeudi 10 décembre 2009

"Tu vois un rat, un port ? Alors pas de rapport"

L'immensité nuageuse me ferait presque frémir,

Les jours se suivent, les jours sont les jours, après tout. Ca serait ce qu'on appelle la "vie", ou un truc comme ça.
Dans cette "vie", ou truc comme ça, il faut s'accrocher. Suivre le mouvement, adopter le rythme, ne pas être seul et plein de trucs comme ça.

Faut en vouloir ! sinon, la vie, elle vous bouffe. Désespoir, autarcie, solitude, sont des mots à jeter sous le pavé. Le pavé, on le prend, et on martèle tout ça jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une bouillie.



La bouillie, on peut la donner aux cochons, si on veut. Ou on la garde en souvenir, mais c'est une mauvaise idée.

Dans la vie, on peut décider de s'asseoir, de savoir, de saigner. Ca fait trois mots en S, un peu comme Stupide, ou Super. A vous le choix.

Le choix, on peut le donner aux cochons, si on veut. Ou on le garde au chaud, précieusement, en attendant l'occasion où il se révélera vertueux.

La vie, c'est souvent dur, rarement joyeux. Il faut 5 idées positives pour en effacer une seule de négative, vous imaginez le boulot ? C'est pas facile de trouver des pensées positives ("youpi j'ai fait la vaisselle" ? "cool je prends le métro" ?)

Le plus simple, c'est de ne pas laisser entrer du tout les idées négatives. En fait, les filtrer. Voilà, en prendre une ici, une là, pour se donner une petite idée du désespoir et se dire "en fait, ça va pas trop mal".

La vie, c'est un état d'esprit ; on l'appréhende comme on peut, mais l'appréhender avec le sourire peut se révéler gratifiant.

Voilà pourquoi j'ai un humour de merde.

jeudi 11 juin 2009

"Grandir, oui, mais pour quoi faire ?"

J'ai appris beaucoup de choses cette année.

C'est un peu comme revoir des photos de soi qui datent un peu et se dire "oh, ça pourrait être mon petit frère". C'est aussi s'imaginer dans dix ans, encore un peu plus vieux, les mêmes mots à la bouche. C'est prendre conscience de la construction qui s'opère en nous, de notre naissance jusqu'à notre mort.

Cette année, j'ai sauté de mon plongeoir, mais c'est seulement en me cassant les deux jambes que j'ai compris qu'il n'y avait pas d'eau dans la piscine. Ou comment se tirer une balle dans le pied, quand on a un revolver, mais je manque de moyens.

J'ai appris qu'il était impossible de vivre sans argent dans une société contemporaine. On me dira certainement que tout le monde est au courant, et que mes préoccupations narcissico-égocentriques finissent par lasser. Peut-être. Toujours est il que j'y arrivais bien, à vivre sans thune, mais je vivais seul. Pas de sortie, pas de visite, pas de "on va boire un coup ?" ; "on se fait un ciné ?" ; "on mange ensemble ce midi ?". Pas de sandwich à la fac, pas de café le matin, rien que le frigo où trônaient fièrement un tube de sauce tomate et des restes de beurre.


"Je travaille pour des animaux", c'est un peu ça aussi. J'ai pris conscience que le monde était tout sauf ce que j'avais pu en rêver. La plupart des usagers de la vie l'empruntent comme le métro. Ils poussent, bousculent, veulent rentrer, parce qu'à deux minutes près, la correspondance du boulot s'éloigne, et font malencontrueusement tomber leur sourire entre les rames. J'ai appris que l'hypocrisie était universelle, et que la générosité était à laisser au placard. Je n'y suis pas arrivé, et on m'a gentiment demandé d'attendre la rame suivante, puis celle d'après. Fin de service.

J'ai trouvé le doux équilibre entre le plaisir, le désir, la douleur et la tristesse. Après mes dures années de labeur, ma fatigue constante, j'ai pris le parti de me reposer quelques mois. Je ne devais au départ que piquer un somme, mais j'ai vite fini par m'endormir sous une couverture faite d'effluves opaques et de rêves profonds. Le réveil avait beau sonner, je l'éteignais pour dormir "encore un peu".
Et puis, quand tous mes rendez-vous ont été loupés, je me suis levé pour prendre conscience du désastre. On peut vaincre sans mérite et triompher sans gloire, peu importe, ce ne sont que des adages destinés à la branlette sociale ; mais il n'est pas possible de s'en sortir sans suivre les règles du jeu. Dans un autre monde, j'aurai pu avoir ce quotidien décalqué toute ma vie, regarder les jours passer sans me sentir pressé.

Cet univers-ci demande des sacrifices.

Il demande de rentrer dans le rang, de suivre la norme, de savoir présenter. Forcé de quitter mon territoire doré, j'ai commencé lentement à ranger mon appartement, à reconstruire ce que j'avais détruit. Aujourd'hui, je suis sûr le point d'y arriver, en me demandant intérieurement comment j'ai pu réussir à tenir le coup.

J'ai appris que la vie n'était jamais faite de ce qu'on voulait, et que, forcé de se plier aux exigences de ce qui nous tue, il fallait devenir ce qu'on n'était pas. Une machine programmée pour faire partie d'un tout.
J'ai appris que l'individualisme n'existait que dans les esprits ; nous ne sommes pas des individus, nous sommes des entités créatrices, fonctionnelles, des engrenages qui font tourner la boîte ou sont rebutés.

Se lever le matin, se faire rabrouer et se tuer à la tâche pour mourir le soir est une destinée qui ne m'enchante guère, mais me voilà forcé d'opter pour ces deux semaines de vacances par an et un ulcère à Noël.

Et puis, fort de mes apprentissages sur la bassesse de l'Homme, j'ai considéré les miennes. Ce que j'étais, ce que je n'étais pas, ce que je voulais être et ce que je ne pourrais pas devenir. J'ai détruit mes bases pour reconstruire. J'ai perdu le peu de confiance en moi que j'avais, et, sous le poids des regards, je ne faisais plus long feu sur les trottoirs. J'étais une âme en peine, une ombre dérisoire, de ceux sur lesquels on marche sans les regarder. En me réveillant, je leur en ai beaucoup voulu, à tous ces gens. A tous.

Mais, en me reconstruisant, j'ai compris qu'ils avaient déjà opté pour leur rôle d'andropode cybernétique. Des machines, voilà, tous des machines. Et regardez-les ! des belles, avec deux yeux vides, qui vous lancent des "bonjour" rouillés et saccadés. De ces machines qui font le monde, de celles qu'on admire au coin de la rue, habillées de tailleur ou de costard. Je les ai enviées, celles-là, et puis je me suis rendu compte qu'elles ne vivaient plus.
J'ai appris que la vie était ce qu'on en faisait, et qu'à défaut de rentrer dans le lot, on pouvait tenter de prendre un autre chemin, celui de l'honnêteté. Pas financière, sociale. En ne jouant pas un rôle, en étant soi-même.

Avec soi, avec les autres.

Tant pis pour les occasions que ça me fera rater.

Et, dépité mais confiant, j'ai compris que je ne pourrais jamais être aimé par tout le monde. Mes réflexions sur l'Homme avait déjà été amorcées depuis longtemps, mais un autre évènement m'a permis de changer d'avis, de classer l'être humain non pas comme "mauvais" mais comme "faible".
La trahison est une des grandes douleurs de notre siècle. Quand elle vient d'un anonyme, elle engendre haine et vengeance, mais quand c'est un proche qui vous poignarde, elle laisse place à un désemparement total, et un dégoût incalculable pour tout ce qui se rapproche au Judas.
Quand la lame a traversé ma chair, je me suis dit que ce n'était rien. La blessure ne semblait pas profonde, et celui qui tenait le couteau possédait une lueur de folie dans les yeux que rien ne semblait pouvoir arrêter, si bien qu'il ne m'apparaissait plus comme proche. J'ai nié en souffrir.

Et, au final, la haine s'accumulant, j'ai commencé à développer un complexe de jalousie vis à vis de lui. Car, fort de son succès au combat, il avait ameuté autour de lui la foule inquiète, et, me quittant, presque mort sur le sol, il leur avait annoncé, dépité, que j'étais moi-même l'auteur de la querelle, et que le pauvre bougre ne m'avait blessé que dans une situation d'auto-défense. Embarquant sur son navire ceux qui le croyaient, il repartit fièrement vers des horizons qui lui étaient plus familiers. J'étais déçu, parce que j'avais toujours été pris pour le manipulateur froid et mauvais ; lui pour le bon bougre compréhensif et généreux, alors que les rôles s'inversaient. Je me suis rendu compte que je n'étais pas un bon calculateur - ce qui m'a, en aparté, un tant soi peu réconforcé : si je ne possède pas le sens du calcul, je pourrais difficilement devenir une machine.

Aujourd'hui, j'ai compris qu'il n'y avait pas de justice en ce monde, et que la haine n'était que le starter qui permettait un nouveau démarrage. Une fois reparti, j'ai laissé de côté ma rancoeur, car rien n'aurait pu combler ma rage et ma frustration. Celle de voir le salaud l'emporter sur le naïf, alors même que tous les élements l'accusaient. Celle de voir les jurés se lever sans un regard pour moi, quittant la salle avec le meurtrier innocenté. Celle d'être laissé seul, sans une main, sans une aide, sans un mot d'excuse.

Je suis reparti de mon côté, porté par ma volonté. Et, au fil du temps, j'ai compris que la justice était une notion qui s'appliquait à chacun. Dénué de remords, je savais que je ne portais pas la faute.
Serein vis à vis de ces évènements, les regards que j'ai pu jeter sur mon ex-coloc m'ont fait comprendre que je n'avais rien à lui envier. Sa lâcheté et son arrogance, son aveuglement et son égoïsme, il les paiera un jour, ou un autre s'en chargera à ma place.

Cette année, j'ai surtout compris que l'Homme n'était pas mauvais, mais qu'il était faible. Sans principes, apeuré, l'animal, poussé par ses instincts, ne pense qu'à fuir, en laissant parfois derrière lui ses compagnons. Faible, et lâche, l'animal.

*************
A l'heure actuelle, je ne suis peut-être pas devenu apte à vivre de façon indépendante en société, mais je suis sûr d'une chose : c'est que je reste fidèle à des principes, à une morale, et c'est mon attachement aux lois que je m'impose qui fait de moi quelqu'un de stable et de loyal. Après avoir traversé la tempête, je sais que je peux en affronter des dizaines d'autres et que, même si je ploie, je ne cèderai pas. J'espère que tout ça fera de moi, dans plusieurs années, un adulte, un vrai.
De ceux qui ont un fil directeur, et qui ont grandi en s'ouvrant au monde.
De ceux qui savent endosser leurs responsabilités, porter les autres et tenir le cap.
Quelqu'un d'ouvert et de tolérant, qui accepte de se remettre en cause, et qui possède un goût critique et artistique.

Pour l'instant, vous me nommez administrativement "adulte", mais je ne sais pas remplir de papiers, ni trouver du travail, ni briller en société. Peu importe que je sois fait pour vivre chez vous ou non, je m'y ferai bien.

Mais je n'ai pas attendu votre autorisation pour grandir, et, à dire vrai, je m'en porte beaucoup mieux comme ça.

Parce que regarder tout ce foutoir est déjà un beau spectacle.

mardi 9 juin 2009

Alors la nuit quand je dors...


Il y a dans les sourires et les rires une teinte de légèreté. Dans les regards et les questions, une teinte de désintérêt. Dans les rapports, l'amitié, l'affection, une teinte d'ennui.

Vous êtes certes empathiques, mais loin d'ouvrir votre conscience à celle des autres. Qu'importe le pourcentage de communication non-verbale, il vous est trop difficile de changer de peau. La votre vous plaît tant, cette douce chaleur, votre vie, vos idéaux, votre façon de surmonter les problèmes et d'apprécier le bonheur... alors vous estimez que ce qui vous semble logique l'est aussi pour les autres, qu'un problème qui vous est anodin ne peut pas être important aux yeux des autres. Vous ne comprenez pas toujours ce qui se passe hors de vous.

En changeant de peau, vous pourriez écouter. Vos sens vous trompent en permanence, et vous estimez, en plus, que vos bases sont solides. Vos yeux vous mentent, et pourtant vous pensez pouvoir lire en quiconque.
Les mots que prononcent vos semblables ne vous atteignent qu'un instant, puis disparaissent au fond de votre petite tête.
Les sensations, l'état d'esprit sont pour vous classés en catégories simples : "heureux", "triste", "déprimé", "sombre", j'en passe et des meilleures.

Mais personne n'est jamais "plus" que vous. Bien sûr, vous en parlez à d'autres, et plaignez un tel, le dites malheureux. Et au fond, vous vous accablez vous-même pour tenter de le dépasser.

Vous êtes égoïstes parce que dénués d'intuitions et de capacités de compréhension. Vous êtes butés parce qu'incapables d'avouer vos torts. La société valorise vos actions concrètes, et, dès lors, votre chemin de vie vous rend fier et arrogant. Vous êtes reconnus, et le message est clair : "j'ai des capacités qui m'ont permis d'arriver là. Je suis fort."

Et puis vous êtes foutus, de simples enveloppes bonnes à jeter, de ces pions qu'on croise dans les bars, les places publiques ou les supermarchés. Vous devenez bons à rien, bons à vivre, bons pour vous. Vous terminez un peu à la fois de vous bâtir votre carapace, votre petit personnage, que vous prendrez par la suite bien soin d'entretenir.

Mais dès le début, vous avez été guidés, entretenus, orientés vers un caractère. Dès votre naissance, vous étiez prédisposés à devenir ce que vous êtes aujourd'hui. La construction d'un Homme s'opère pendant une durée indéfinie, mais, généralement, après avoir quitté le lycée, la plupart d'entre vous s'estiment "adultes" et endossent leur rôle de "plus de 18 ans" avec fierté. Votre "moi social" grandit trop vite, engloutit ce qu'il restait de vos remises en causes, et parce que vous brillez dans la vie, vous pensez être aptes à juger le monde entier. Vous êtes l'un des pions du beau jeu d'échec qui vous prend sous sa coupe, et, finalement, vous entrez en souriant dans la gueule du loup.

J'apprends au jour le jour à découvrir des gens vrais. Il y en a peu. De ceux qu'on dirait "anti-conformistes", appellation péjorative et marginalisante. Je ne vous parle pas ici de ceux qui se cachent derrière ce titre parce qu'il appartiennent à des mouvements eux-même suiveurs, comme nos amis à crête et chien, ou encore ces adeptes du A triangulaire.
Non, les vrais anti-conformistes ne sont pas à part, ne se cachent pas, ne vous semblent pas étranges.

Parce qu'ils sont assez conscients des normes qui vous étouffent pour passer la tête au-dessus de l'eau sans en sortir totalement. Ils sont dissimulés dans votre société, attendent patiemment le jour où ils pourront vous exhorter à l'action, et, en attendant, se servent de vous à leurs fins.

Et si vous écartez ces gens de votre entourage, c'est parce que votre empathie vous force à les craindre. Vous en avez peur, car, inconsciemment, vous les savez dominants. Et ils le sont.
Vous ne les comprenez pas, justement parce qu'ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que vous. Et par dessus le marché, vous estimez avoir une longueur d'avance sur eux, parce que vous vous adaptez mieux à cette société qui les ennuie tant.

Et au final,

Il y a dans vos réflexions une teinte de légèreté,
Dans vos paroles une teinte de désintérêt,

Dans ce que vous êtes, une teinte d'ennui.

mardi 12 mai 2009

Superman - suite et fin

Le frisson qui parcourut le dos de Daniel aurait eu l'intensité d'un tremblement de terre si son corps avait pu l'exprimer. Il se raidit, totalement pétrifié, sans être capable de faire le moindre geste ou d'avoir la moindre pensée.

"Papa, dis, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"

Daniel se retourna d'un bond, se jeta sur le lit de son fils et lui cria que oui, s'il le voulait, il pouvait être plus fort que Superman, bien plus fort, et même plus fort que n'importe qui. Et Marc, dans son sommeil, continuait de demander :

"Dis, papa, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"

Daniel crut mourir cent fois tant sa poitrine le brûlait. Il oublia son corps usé, balaya la folie qui l'embrassait, nettoya les toxines d'alcool qui habitaient son corps et se rappela qu'il avait un fils. Il ouvrit la bouche, et souffla lentement :

"Oui, oui, plus fort que Superman, Marc, plus fort que Superman, plus fort."

"Alors pourquoi je t'ai pas sauvé ?"

L'espace d'un instant, Daniel crut au destin. Mais lorsqu'une infirmière entra dans la chambre, Marc s'était déjà tu. Les sons pesants des machines s'étaient arrêtés au même moment que le coeur de son fils. Daniel tomba.

Il passa plusieurs mois en hôpital, malade, comme si la fièvre allait l'emporter. Ses années de vagabondage l'avaient plongé dans une brume opaque, et ses souvenirs étaient engourdis par l'alcool et la rue. Il fut envoyé en maison de repos durant l'été, au milieu du tumulte de la vie qu'il perçevait d'une étrange manière. Il se réveilla peu à peu, et son cerveau, comme déconnecté un temps, redécouvrit alors de nouvelles sensations. Daniel comprenait que la vie ne serait plus jamais la même, pour la première fois depuis l'accident de Marc. Cette triste vérité, il l'avait refoulée des années durant, s'aveuglant dans l'illusion d'un éventuel réveil. Il n'avait pas réussi à passer le cap ; c'était maintenant chose faite.

La maison de repos était située en campagne, au milieu de quelques villages et d'un grand lac. Daniel savait très bien qui était derrière cette initiative. Son passé ne faisait de lui qu'un fou, qu'un malade mental ivre et suicidaire. A l'annonce de la mort de Marc, sa mère avait dû prendre pitié, et décider de faire un dernier geste en la mémoire de son fils. Le clochard lobotomisé finissait en maison de repos en échange d'un peu d'argent. De quoi se purifier la conscience.

Les premiers jours, Daniel ne sortit pas de sa chambre, se contentant de réfléchir. En réalité, il était pris de spasmes réguliers, de crises de manque et d'angoisse qu'il ne pouvait stopper. Son corps retrouvait peu à peu le droit chemin, tandis que ses idées devenaient plus nettes. Au bout de deux semaines, Daniel franchit le seuil de sa chambre, jeta quelques regards dans les couloirs, s'efforça de répondre aux quelques mots des autres pensionnaires, puis il trouva que quelque chose de nouveau le poussait à vivre. Son fils, sa décrépitude, sa tristesse s'éloignaient lentement, comme s'il ne pouvait les retenir. Il gardait toujours dans le regard une teinte mélancolique, mais son visage s'éclaircissait de jour en jour.

Daniel croyait en la vie.

Au bout de quelques mois, il était devenu l'une de ces ombres sans nom qui errent dans les couloirs, l'un des habitués, un meuble qui traine dans le couloir. Mais un meuble à qui l'on adressait la parole. Un matin, en descendant dans une salle commune, Daniel s'arrêta net. Il perçevait un bruit familier, un bourdonnement grave et lointain, comme un ronronnement. Il fit quelques pas et tomba nez à nez avec Mathilde, une infirmière de 45 ans qu'il connaissait de par son statut de bénévole aux restos du coeur.

"Hé, Daniel, y a du nouveau pour s'occuper"

Elle s'écarta et lui sourit sans même qu'il ne lui prête aucune attention. Sur un bureau, au fond de la pièce, était installé un vieil ordinateur piteux.

"C'est une vieille bécane dont je ne me sers plus, je me suis dit qu'il serait plus utile ici. C'est pas toi qui m'a dit que tu écrivais, avant ?"

Daniel ne l'entendait plus. Il savait pourquoi il tenait encore debout, pourquoi il avait retrouvé la raison. Il s'avança jusqu'au bureau, saisit une chaise et s'assit lentement en face de l'écran vacillant. Il ouvrit un logiciel de traitement de texte, et tapa lentement :

"Dis, papa, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"


EPILOGUE
Le Simple fait de rêver était pour eux un luxe

Daniel poursuivit l'écriture de son livre durant plusieurs mois, et par le biais d'un concours, il fut édité, réédité, puis vendu à plusieurs millions d'exemplaire dans le monde entier. De nombreux prix lui furent attribués, à titre post-mortem, car il mourut peu après la première édition de son livre, suite à la découverte d'un cancer du foie. Sa folie le reprit peu à peu, mais sur son lit de mort, il trouva la force de relire l'histoire de son fils. Ce fut une crise cardiaque qui l'emporta, et l'exemplaire qu'il tenait dans ses mains au moment du décès fut vendu à un prix exorbitant. Quant à ses parents, ils firent jouer les liens du sang pour, à défaut de récolter la gloire, s'octroyer au moins la fortune. Cela importe peu pour moi, parce que les quelques pages écrites par cet homme m'ont prouvé que la vie ne sert pas qu'à s'étouffer dans une réalité amère.

Le simple fait de rêver était pour eux un luxe... mais vous ne croyez pas au rêve, non ?

mardi 14 avril 2009

Superman - Partie 3

Marc tomba dans le coma, et Daniel abandonna tout espoir, définitivement. Il essaya désespérement de ne pas trouver refuge dans ce qui l'avait déjà tué par le passé, mais les bouteilles vides finirent bientôt par joncher le sol de leur appartement sale et continuellement plongé dans l'obscurité.

"Dis, papa, est-ce que je suis plus fort que Superman ?"

Il pleurait, criait, frappait, s'arrachait les cheveux, somnolait dans les voluptes de whisky à côté de son fils lorsque le personnel de l'hôpital daignait lui accorder un lit. Il avait arrêté d'écrire, et le ron-ron de l'ordinateur lui échappa des doigts en même temps que leur appartement. Daniel abandonna toute fierté, vint pleurer chez ses parents pour obtenir de l'aide, mais ses yeux avaient adopté une lueur de folie qui effraya même sa mère. Il ne put bientôt plus s'offrir le luxe d'un lit à l'hôpital, et finit par trouver quelques journaux et une rue tranquille pour se laisser glisser lentement vers la mort. Les médecins avaient été formels : son fils n'avait presque aucune chance de se réveiller. Et même si cela arrivait, le traumatisme qu'il avait subi ne lui permettrait plus de vivre et de communiquer normalement.

"C'est difficile de s'occuper d'un enfant, vous savez... alors, un enfant handicapé..."

Daniel croyait en la fatalité.

Les jours passèrent à mesure que la mémoire de Daniel s'évanouissait. L'alcool l'avait pris sous son aile, et les quelques pièces qu'il arrivait à obtenir dans la journée ne lui servait qu'à oublier davantage. Oublier son fils, sa vie, ses manuscrits et ses rêves. Il devint maigre et muet ; ses yeux n'étaient plus que deux boules blanches au milieu de son visage. Ses cheveux et ses dents tombèrent, et il ne put bientôt plus marcher. Il errait, claudiquant, harcelant les quelques passants qui s'approchaient trop près de lui en leur demandant un peu d'argent. Il se parlait à lui-même, marmonnait dans sa barbe sale, regardait les étoiles la nuit et pleurait à chaque rasade d'alcool. Il voulait mourir, mais n'avait pas le cran.

Le temps ne s'arrêta pas, et poursuivit sa route en attrapant par le col tous ceux qui voulaient rester sur le bas-côté. Daniel se laissa emporter pendant des mois, des années, tandis que son fils continuait de grandir sur son lit de mort. Le jour de ses dix ans, Daniel eut un relent de mémoire, et se dirigea silencieux vers le troisième hôpital qui avait accueilli Marc, celui où il resterait jusqu'à ce que mort s'en suive. Le personnel connaissait la triste histoire, regarda le clochard entrer et le laissa monter, plus par peur que par pitié. Des bruits couraient en effet dans le quartier ; certains disaient que Daniel portait sur lui un couteau qu'il avait déjà utilisé par le passé. La rumeur était vraie, mais il ne l'avait jamais utilisé autrement que de manière pratique ou masochiste.

En arrivant au cinquième étage, l'odeur de formol et de nourriture éveilla les sens de Daniel. Ses pupilles brillèrent tandis qu'il se dirigeait vers la chambre 403. A gauche, à droite, encore à droite et puis tout droit. C'était la seule chose dont il arrivait à se souvenir clairement. Il poussa lentement la porte blanche, et entra.

Son fils était là, plongé dans l'obscurité, au milieu des tuyaux et des sons malsains que produisaient les machines qui lui permettaient de rester en vie. Daniel saisit difficilement une chaise posée dans un coin de la pièce et s'assit au chevet de Marc, dans le noir. La porte, restée entrouverte, laissait couler un filet de lumière au pied du lit, éclairant ainsi le visage éteint de l'enfant. Daniel essaya d'ouvrir la bouche, toussa, puis égraina lentement :

"Joyeux anniversaire."

Il y eut un silence au milieu du bruit des engins, non pas une absence de bruit, mais bien un silence. Comme si son fils s'apprêtait à lui répondre. Mais rien ne vint. Pas un mot, pas un geste, pas une lumière divine leur annonçant à nouveau une quelconque once de bonheur. Le silence, rien de plus, rien de moins.

Daniel posa sa main noircie sur le front de son fils, lui caressa la joue, resta quelques minutes assis à se rappeler le passé, embrassa Marc puis se leva. Il se dirigea vers la porte sans tourner la tête, essuya ses larmes puis sortit.

"Dis, papa..."

lundi 6 avril 2009

La Place du Mort #1


Lettre I, 12 novembre 2007
Xanadu - Paris

" J'ai toujours été désorienté par le manque de finesse de certaines personnes.

Il est de bon ton de penser l'Homme comme un objet pensant et non comme une machine, mais les évènements d'une vie peuvent parfois remettre en question certaines vérités considérées comme générales par le commun des mortels.

Je n'ai pas fait long feu dans cette arène. Les gladiateurs qui m'entouraient avaient finis par devenir impitoyables, et leur cruauté fut sans précédent pour moi. Le choc fut si rude que j'en suis mort. Oui, "mort", l'un de ces mots qui vous font trembler ; la faucheuse, dans toute sa violence, qui vous guette et vous tombe sur le coin de la gueule avant même que vous n'ayez pu vous y préparer. J'ai au moins eu de la chance dans mon malheur, parce que j'en avais été informé, moi, de la date de ma mort. Je connaissais le lieu, les circonstances, et la peine que ma disparition allait causer à autrui.

Il serait de bon ton de me présenter. Ni physiquement, ni socialement. Le feu des rapports humains que j'ai entretenu s'est éteint depuis bien longtemps. Il ne me reste que la vague lueur des cendres à observer. Là où je vis, le feu n'a pas sa place. Mes terres sont désolées ; du moins pour vous. Seuls l'air glacé et la sécheresse osent s'aventurer au-delà des frontières qui nous séparent, vous et moi. Je ne suis pas malheureux, bien au contraire. J'ai changé d'opinion sur les notions de Bien et de Mal, par exemple. J'ai découvert que, non loin de chez moi, existait une tribu où l'enfant aîné de la famille était rendu aveugle dès sa naissance. Les orbites inopérants, libéré du pouvoir de l'image, le gamin aiguisait ses autres sens lors des enseignements qu'il reçevait de "sages" ; en réalité, ces mêmes sages n'étaient que la précédente génération d'orbites défectueuses. Quant aux autres enfants, ils étaient destinés, dès leur plus jeune âge, à une carrière qui leur correspondrait. Des tests étaient réalisés d'après un panel de données incroyablement large, portant notamment sur la grossesse du foetus, les signes physiques et caractériels du nouveau-né, ou encore sur l'alimentation et les capacités motrices. Certains gamins bronchaient bien, au début, mais ils finissaient presque tous par briller dans le domaine qui leur avait été imposé. Les autres subissaient de nouveaux tests, encore plus poussés, et travaillaient à des postes vides le temps de leur nouvelle "nomination".
J'ai longtemps vu ces pratiques comme une forme claire d'aliènement, puis j'ai fini par me rendre compte que la bêtise de l'Homme communautaire pouvait difficilement être atténuée d'une autre manière. C'est d'ailleurs pour cela que je vis seul.

Toujours est-il que mon déménagement a été le fruit de longues réflexions. J'ai pris la décision de quitter ce monde parce que j'ai su qu'il y avait autre chose ailleurs. Je ne vous parle pas d'un "Paradis", ni d'un pays du soleil. Je n'évoque pas non plus ces longs récits desquels ont jailli les idées de "paradis artificiel" ou de coma développant les rêves. Non, mon histoire rend vraisemblable et légitime l'idée d'un autre Univers. Un autre pays, une autre "Terre", un autre.

Cet Univers n'est pas né de mes rêves ou de désirs inconscients.

Il existe réellement, et je vous invite à le toucher du doigt.

Du moins, si vous y parvenez."

Jérome Khan

jeudi 2 avril 2009

"Je donne mon avis non comme bon mais comme mien" #1

Faut-il croire en l'Homme ? C'est bête de commencer une réflexion par une question aussi vaste, d'autant plus que la philosophie de comptoir est de nos jours interprétée comme une forme extravertie de masturbation sociale (une des raisons - en plus des penchants gays - de regretter la Grèce Antique et ses penseurs).

On parle "d'évolution de l'Homme" ; je dirai plutôt "aveuglement". A défaut de se pencher sur lui-même et ses tares, l'être humain a toujours tenté de comprendre ce qui l'entourait. D'où la parole, l'écriture, le classement infini et les magazines de mode. D'où l'astrologie, les mathématiques, la littérature et la philosophie - de comptoir, ou non. Alors ouais, je vous apprends rien et cette façon de vous prendre de haut vous écoeure ; vous m'en excuserez, mais si je ne parlais que de moi, vous me diriez égoïste. Faut choisir, hein.

Au fil de notre "évolution", notre seule volonté aura été de construire, d'apprivoiser, d'accroître un pouvoir et un luxe au final bien désuets. Le confort dont nous bénéficions aujourd'hui est franchement sympa, mais fait de nous des assistés. Pas d'eau chaude, pas de supermarchés ; tiens, comment on fait pousser des fleurs ? D'aucuns vous diront que c'est cette technique et ce savoir-faire qui nous distingue de l'animal. Je le vois plutôt comme une façon de se détourner du principal problème.

Je suivrai Montaigne et Pascal - histoire d'étaler un peu de confiture... euh, de culture - en pensant que l'Homme n'a des passions que pour se détourner de sa misère, tout comme l'Homme croit en Dieu pour "s'expliquer". C'est bien marrant de rire de l'animal, ignorant et sincère, suivant ses instincts et s'ignorant... mais nous n'en sommes séparés que par peu de choses : l'égoïsme, la fierté et la mémoire.

La mémoire (savoir) dans le sens où nous la structurons, nous permet d'atteindre un niveau de performances plus important... mais, à l'inverse, elle ne prend sa valeur que dans un type de société. Envoyez un petit français premier de classe au Cambodge, il aura beau savoir calculer une exponentielle, il se fera bouffer de toute manière. La mémoire (souvenirs), si on admet que le temps existe, nourrit l'Homme et lui fait prendre conscience de son "évolution". A l'inverse, elle n'est faite et n'est perçue que par nous. L'importance qu'on y accorde est immense, mais elle n'apprend qu'à vivre en société. Dans une optique universelle, le souvenir conscient n'est qu'humain. Il nous permet d'accepter notre condition et de nous forger une expérience proprement sociale.

La fierté a deux sources : l'une est animale, et s'explique par des principes de survie ; on pourra parler de "chef de meute", si vous le voulez bien. Et si vous le voulez pas, prout. Mais la fierté dans un cadre humain est liée à une volonté d'ascension, de pouvoir, de distinction. La fierté explique la mode, la politique, ou encore la foi en Dieu. C'est encore une fois l'autre qui pousse à briller, parce qu'il fait naître la comparaison, et le questionnement : "suis-je meilleur ?", etc. Nous sommes qui plus est motivés par notre soif de confort et une volonté quasi-inconsciente de s'arracher à toutes les contraintes matérielles. D'où la fierté pour le pouvoir, et le pouvoir par l'argent. Le troc n'est né que du désir de l'Homme de viser plus haut que son contemporain. D'être meilleur, ou du moins "plus fort". S'écraser ou perdre, c'est admettre inconsciemment une faiblesse, c'est reconnaître une domination. Ces rapports de force et de domination existent partout et sont intemporels. Chacun domine et est dominé, et c'est cette équilibre qui fait de nous des êtres perpétuellement tiraillés entre "ce que je dois faire" et "ce que je veux faire". Nous travaillons pour survivre, mais surtout pour doubler ce qui restent sur le côté.
C'est vrai qu'à l'heure d'aujourd'hui, l'argent fait une partie du bonheur. Il est vrai aussi qu'une société sans argent ne ferait pas long feu.

Tout simplement parce que l'Homme est égoïste. Avoir "conscience de soi" implique "soi" ; l'Homme sait qu'il existe, et c'est dans une vie en société que cette perception devient une forme d'égoïsme. Chacun voit et ressent, et traduit ce rapport personnel avec le monde par un repli certain sur lui-même. Il n'y a personne sur terre qui peut se dire "généreux". Les milliardaires offrent des sommes colossales à des associations - sans se ruiner - pour des raisons économiques, d'image ou de satisfaction personnelle. Les célébrités s'affichent dans des shows style "Les Enfoirés" pour redorer leur blason ou leur satisfaction personnelle. Les religieux s'offrent pour que Dieu les garde. La vraie générosité serait de donner sans satisfaction, à contre-coeur, car cette forme de don n'apporte rien ; ce serait perdre son portable et penser "au moins il servira à quelqu'un".

A l'heure actuelle, je ne connais personne qui ait réussi à s'échapper de sa condition humaine. La vie en société fait de nous des êtres aveugles, où le divertissement et la création nous permettent d'accepter la fatalité. Nous ne sommes ici pour aucune raison, personne ne nous a créé, et tout ce que nous avons construit repose sur des bases bancales. Les mathématiques, par exemple, trouvent une certaine logique dans la Nature et sont une clé de nôtre compréhension de l'univers. Tout irait bien s'il n'y avait pas le "nôtre". Les mathématiques ne sont qu'humaines, tout comme la littérature, la philosophie ou encore les magazines de mode.

Vous vous dites sûrement que ce texte au ton apocalyptique va finir sur une incitation au suicide ; vous vous trompez bien, parce que c'est au moment de la conclusion que je suis censé vous clouer le bec. Mais mon pote Montaigne va s'en charger pour moi. Vas-y, gros.

"Si la vie n'est qu'un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs"

Yeaaaah, quel beau gosse ce Montaigne ! Allez, bisous les cocos !

Paul (ou le don de finir un article pas du tout comme ça avait commencé)

PS : le dessin de l'article est de Trondheim ; "Les Formidables Aventures de Lapinot", une bédé que c'est bien de la lire !